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Paris

75 Paris Musée des monnaies, médailles et antiques

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Bonjour,

Hier soir je suis allé au Musée des monnaies, médailles et antiques à Paris, mettant à profit la Nuit des musées.

Le musée est plutôt agréable, mais étrange en comparaison avec son nom, puisque les monnaies y sont nettement moins de la moitié du fonds exposé, et ceci qu’on compte en nombre d’objets, en volume de vitrines ou en temps de visite ! J’en ai parlé avec le conservateur, Michel Amandry, qui m’a expliqué que quasiment tout est en réserve en ce moment en raison des travaux, qui sont appelés à durer encore des années (et au terme desquels le bel escalier, comme le savent les lecteurs du BN, pourrait être détruit : le précédent ministre a approuvé la destruction, nul ne sait encore ce que va faire le nouveau).

Le musée a (encore) le charme des musées du XIXème siècle : on y trouve des objets de nature variée (vases, monnaies, bijoux, armes, objets du quotidien, statues, en tous matériaux et de toutes provenances géographiques), on y est près de ces objets, les yeux à quelques centimètres d’eux, dans une relation qui peut approcher l’intimité qu’un collectionneur a avec "ses" objets ; parfois, il n’y a même pas de vitrine, et on se prend à penser qu’on pourrait ouvrir soi-même les portes de l’armoire à monnaies de Joseph Pellerin ou caresser les pierres égyptiennes.

Mais il en a aussi les défauts : si, à en lire la brochure, il semble qu’il existe une logique dans le parcours du visiteur, celle-ci est impénétrable une fois dans les lieux. Certaines vitrines sont dédiées à, par exemple, une origine commune : saisies révolutionnaires chez des nobles, saisies révolutionnaires ecclésiastiques… Mais les étiquettes l’affirmant sont minuscules et souvent au niveau du sol ; de plus, dans chaque vitrine, si un ordre chronologique semble respecté, il n’est pas évident et il faut avoir tout vu pour découvrir s’il convenait de commencer le tour par la droite ou par la gauche.

De plus, chaque objet est associé à une étiquette portant sa désignation, son époque, sa provenance géographique, ses dimensions, son mode d’acquisition par le musée et, pour les pièces les plus marquantes, quelques lignes de développement ; et c’est tout. Ne cherchez pas un panneau faisant la synthèse d’une situation ou d’une évolution avant que le visiteur l’illustre en se promenant parmi les vitrines : ces panneaux, il n’y en a pas. On en ressort donc la tête pleine de belles images, mais pas beaucoup plus instruit qu’avant. C’est un musée de l’émotion, ou de l’illustration de ce qui est déjà su, mais guère un musée de l’apprentissage.

Le plus bel ensemble est celui des vases grecs.

Les monnaies n’occupent que trois ou quatre petites vitrines dédiées : une ou deux pour les antiques, une pour les françaises des origines à nos jours, et une pour les étrangères toutes ensemble. Il se trouve aussi quelques monnaies ailleurs, mêlées aux bijoux : trouvées dans la tombe de Childéric, par exemple, ou en trésor pour celles de Vercingétorix, ou réutilisées dans des bijoux ou des coupes (des aurei).

Toute l’histoire monétaire française est réglée en moins de 100 monnaies, dont chacune ne porte que des indications matérielles en style télégraphique (souverain ou régime, type, poids, métal). Tout le reste du monde doit tenir en moins de cinquante objets : quelques monnaies-houes, quelques sapèques chinoises et japonaises, deux (je crois) monnaies-bambou, deux croisettes du Katanga et quelques autres témoins hétéroclites.

Les monnaies de Vercingétorix, ayant été trouvées en trésor, sont dans une vitrine non exclusivement numismatique, à dix centimètres au-dessus du sol, sans indication autre que "trésor de ---". C’est en les cherchant expressément que je les ai trouvées.

Au plan numismatique, j’ai noté :

- qu’il y avait 12 solidi byzantins de 402 à 491 dans la tombe de Childéric à Tournai ; peut-on en déduire qu’ils circulaient en Europe de l’ouest, ou étaient-ils conservés comme objets de prestige ?

- que les coins de padouans montrent que les padouans étaient frappés sans imitation d’usure (cela répond à une question de Rico il y a quelques semaines)

- un dupondius de Nîmes frappé sur un flan en forme de cuissot de sanglier : la partie frappée est circulaire, mais il y est attaché une partie cylindrique coudée terminée en sabot. Epoque d’Auguste je suppose, ou à partir d’Auguste

- une paire articulée de coins de faussaire pour solidi entre 364 et 380 : cela forme une sorte de carré, un côté comportant une articulation au milieu, et le côté opposé rompu étant muni de deux coins

- certains vases avaient au cul l’empreinte en creux d’un sesterce (de Néron en l’espèce), signe probablement que le commerce de leur contenu était régi par un monopole impérial

- deux "pièces de plaisir", une de François Ier l’autre de Henri II, l’une en or l’autre en je-ne-sais-plus-quoi doré. Je n’avais jamais entendu parler de "pièces de plaisir" et la réponse est venue du "Dictionnaire de numismatique" de Michel Amandry : ce sont des récompenses monétiformes ; l’équivalent en numismatique royale française du "médaillon" romain, donc. A noter que ces deux pièces de plaisir portent certes le portrait du souverain, mais aucun millésime.

Les revers des monnaies en vitrines dédiées ne sont jamais visibles.

L’éclairage du musée est correct mais pas excellent, au grand dam du conservateur qui s’en soucie.

Le tour est vite fait : probablement moins d’une heure trente, en étant attentif. A noter que l’entrée est gratuite et le personnel sympathique. J’espère que l’escalier sera préservé et que, malgré cela, nous aurons bientôt une exposition plus fournie et fouillée des fonds conséquents du musée.

Musée des monnaies, médailles et antiques

BNF Richelieu

5 rue Vivienne

75002 Paris

du lundi au vendredi de 13h à 17h45, samedi de 13h à 16h45, dimanche de 12 h à 18h

Entrée libre


"Les highlights de la live auction e-Billets". 8 mots, 4 en anglais dont un dans un hybride linguistique. Michel Prieur est mort deux fois... Pardon, Michel Prieur est dead deux times. Quel ridicule...

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bin, et les photos?? :mrgreen:

- qu’il y avait 12 solidi byzantins de 402 à 491 dans la tombe de Childéric à Tournai ; peut-on en déduire qu’ils circulaient en Europe de l’ouest, ou étaient-ils conservés comme objets de prestige ?

- que les coins de padouans montrent que les padouans étaient frappés sans imitation d’usure (cela répond à une question de Rico il y a quelques semaines)

- certains vases avaient au cul l’empreinte en creux d’un sesterce (de Néron en l’espèce), signe probablement que le commerce de leur contenu était régi par un monopole impérial

- deux "pièces de plaisir", une de François Ier l’autre de Henri II, l’une en or l’autre en je-ne-sais-plus-quoi doré. Je n’avais jamais entendu parler de "pièces de plaisir" et la réponse est venue du "Dictionnaire de numismatique" de Michel Amandry : ce sont des récompenses monétiformes ; l’équivalent en numismatique royale française du "médaillon" romain, donc. A noter que ces deux pièces de plaisir portent certes le portrait du souverain, mais aucun millésime.

- les pièces d'or étaient surtout destinées aux souverains, et représentaient parfois le tribut dû, en tout cas elles circulaient sans doute beaucoup en distance mis peu de mains en mains.

- les padouans n'ont jamais été conçus pour tromper, c'étaient des interprétations modernes et de qualité "à la manière de".

- je pense que c'était surtout la signature du fabricant, on dirait le logo aujourd'hui. les sesterces étaient facilement disponibles mais difficile d'en trouver deux strictement identiques.

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La seule photo est celle de ma femme devant une armoire Louis XV de style chinois (non, n’insistez pas, elle ne voudra pas que je la publie :mrgreen: ) ; mon appareil ne permet hélas pas la photographie de petits objets derrière une vitre dans une relative obscurité…

La marque de sesterce comme signature du fabricant, je ne pense pas : les Romains signaient couramment en relief à même le verre chaud (d’ailleurs il y en a dans la même vitrine), et s’ils avaient voulu appliquer un élément métallique personnel sur le verre, il n’aurait pas été compliqué à chacun de fabriquer sa propre rondelle à initiales ou dessin, pourquoi pas d’ailleurs sur base d’une monnaie polie, comme ça s’est fait à toutes époques. Sur ce point je pense que l’explication fournie par le musée est la plus probable : la marque d’un monopole impérial sur le contenu.

De façon certaine, les objets de ta deuxième photo n’étaient plus visibles dans le musée, et la troisième et la cinquième ne me disent rien non plus. Je me souviens de l’escalier et de l’empereur, si je me souviens bien "morceau de sceptre romain" remonté plus tard à je ne sais plus quel usage, peut-être pour un ecclésiastique de la Sainte-Chapelle. En allant sur ton lien : les ivoires (belle collection) et le sanglier en bronze sont encore là, mais les deux médailles à la fin me semblent avoir été mises en réserve.


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J'ai visité le Cabinet il y a quatre jours mais je n'ai pas le souvenir d'avoir vu les objets présents sur les photos plus hauts.

Très beau musée cela dit, même si cela manque de monnaies. Mais ça, j'y étais préparé. L'ecclectisme donne un petit côté "cabinet de curiosités" au lieu, ce n'est pas déplaisant.

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Bonjour,

C’est à nouveau la Nuit des musées ce soir. Le musée des monnaies, médailles et antiques sera ouvert gratuitement de 19H00 à minuit, en présence des conservateurs, et cela inclura l’accès à l’exposition "Au creux de la main, la médaille aux XIXe et XXe siècles".


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