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Paris

Chine Shanghaï Musée de Shanghaï sur People’s square

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(visité en juin 2009, compte-rendu de l’époque légèrement remis en forme)

C’est la vitrine "muséale" (comme disent les gens du Musée des Arts et Métiers) du pays.

A l’entrée, la radiographie des sacs est faite par l’armée : deux soldats en uniforme. Ils sont suffisamment anglophones pour cette mission. Chaque visiteur doit boire un peu de l’eau qu’il amène, pour prouver que ce n’est pas un produit dangereux.

Le bâtiment est moderne, beau et propre, son hall est lumineux, plus hélas que les salles d’exposition.

Les collections sont organisées par catégorie matérielle : peintures, sculptures, bronzes etc. La numismatique est au quatrième et dernier étage.

Deux grands mérites de la section numismatique sont de proposer des panneaux récapitulatifs de l’histoire monétaire chinoise en anglais, et de présenter les différentes périodes d’une manière équilibrée. Malheureusement, l’éclairage est assez faible et les photos au flash sont interdites dans tout le musée, même dans les salles présentant uniquement des objets entièrement métalliques ou en pierre, et les gardiens interviennent tout de suite quand ils voient la lumière d’un flash. Aucun gardien n’est capable de donner la moindre information sur les objets exposés, y-compris en chinois ; quant à l’anglais, il se limite à cinq ou six mots valables dans tous les lieux publics.

Il peut arriver que le personnel de ménage passe son chiffon lentement entre vos yeux et la vitrine que vous tentez de voir, alors que toutes les autres vitrines à vingt mètres à la ronde sont sales et sans visiteur. Ce n’est pas une méchanceté : c’est le comportement qu’on rencontre en Chine en toutes circonstances, auprès d’une part très large (majoritaire ?) de la population.

L’exposition est en ordre chronologique ou à peu près. Elle commence aux monnaies-outils et se termine à Yuan Shikai ou peu après, je ne me souviens plus. Une zone à part résultant d’une donation concerne "les monnaies de la Route de la soie", mais c’est peu fourni et à peu près sans explication.

La galerie générale de numismatique propose aussi des billets de banque (et des planches à billets), des chinois dont certains vieux de plus de 500 ans, et des billets des concessions (circulaient-ils parmi les Chinois ? Il y avait en Chine des billets imprimés en japonais, en anglais, en allemand...), des moules à sapèques de différentes époques, et une presse à monnaies de la fin du XIX° siècle, servant donc à fabriquer les monnaies de type occidental (puisque par frappe), ce qui ne peut pas être antérieur au règne de Guangxu si elle a servi à la fabrication de monnaies indigènes ; elle a été "trouvée dans la terre à Chuansha", si je me souviens bien. Voilà une découverte originale. Elle ne mesure qu’environ un mètre de diamètre, mais, toute en bon métal, elle doit peser plusieurs centaines de kilos. Je suis presque certain qu’elle est de fabrication occidentale.

Pour mémoire, sur le reste du musée : les bronzes de la galerie qui leur est consacrée sont tous utilitaires. Les sculptures sont en pierre ou bois. Les céramiques sont utilitaires, décoratives ou religieuses (j’ai beaucoup aimé cette galerie, riche en choses très surprenantes). On trouve aussi une galerie des jades (assez décevante à mon goût, à l’exception d’un masque mortuaire), une très maigre section de mobilier Ming et Qing, une galerie de calligraphie, une galerie des sceaux.

Comme j’ai envie de vous faire partager mes souvenirs sur ce fonds du musée que j’ai trouvé étonnamment intéressant, on va dire que je vous présente ces sceaux en tant qu’objets monétiformes (ce qui est assez hypocrite :mrgreen: , car les sceaux chinois n’ont pas la forme de monnaies chinoises, contrairement à certains sceaux européens qui ont celle des monnaies européennes. Mais il existe quand même un parallèle entre sceaux et monnaies que je vais développer).

J’avais déjà découvert au marché aux puces de Liuhekou lu qu’un sceau est une petite sculpture avec un élément personnel, l’empreinte, et par là un élément de datation ; par la galerie, on apprend que les sceaux chinois, apparus avant l’ère chrétienne, se répartissent en deux catégories dont l’évolution a rapidement divergé : les sceaux des fonctionnaires et les sceaux privés. Les premiers sont restés sobres et répondaient à des normes fixées par les autorités publiques, par exemple sur la forme de l’empreinte, l’obligation de porter (aussi ?) en-dehors de l’empreinte le nom du "ministère" de rattachement... pendant que les seconds connaissaient une histoire beaucoup moins linéaire, alternant des périodes de sobriété monacale et d’autres de délire stylistique, avec des décorations souvent zoomorphes, des pièces de moins d’un centimètre à plus de quinze et de quelques grammes à plusieurs kilos, parfois trois ou quatre sceaux s’emboîtant les uns dans les autres, des dorures épouvantables, des adaptations pour le port en pendentif (très fréquent, voire majoritaire avant le XIX° siècle où le clinquant lourd a gagné beaucoup de terrain), des empreintes elles-mêmes de formes variées, carrées, rectangulaires ou circulaires bien sûr, mais aussi ovoïdes ou autres, empreintes constituées d’idéogrammes dont la calligraphie varie de la géométrie la plus dure à des formes toutes coulantes, et même parfois seulement des profils animaux ; et ceci souvent en fonction non des individus, mais des époques.

Il semble donc que les sceaux, comme les monnaies, fournissent une catégorie matérielle suffisamment abondante et d’utilisation suffisamment longue en Chine pour permettre d’analyser, par leur biais, les évolutions plus générales de l’Histoire, et notamment "l’esprit" de l’époque.

Il est à noter que, même en pleines périodes les plus fantaisistes (par exemple de 1880 à 1930, après quoi les sceaux ont à peu près disparu sauf pour les touristes), certains, y-compris de riches intellectuels, restaient fidèles à des modèles simples, des parallélépipèdes massifs couverts de très fines gravures, mais sans sculptures.

Le musée est globalement décevant pour un musée censé être un des plus beaux, voire le plus beau, de Chine. Les seuls ensembles cohérents dans le musée sont les collections privées qui lui ont été offertes et qui sont présentées à part, les pièces ne sont pas mêlées aux autres du même thème. Le musée n’a pas de politique de ses collections, les pièces ne sont pas homogènes : par exemple, parmi les monnaies, des exemplaires courants sont présentés en état moyen, alors que d’autres tout aussi fréquents, ou plus rares, et anciens sont en état superbe. L’esprit du visiteur ne peut pas assimiler comme équivalents le spécimen brillant comme un miroir et la rondelle corrodée qui est dans la même vitrine ; aucun choix n’a été fait.

Mais la section numismatique est tout de même au-dessus de la moyenne du musée, sans avoir rien de formidable.

Désolé pour la médiocrité de mes photos !

Leurs titres apparaissent en passant la souris dessus et vous pouvez les agrandir en cliquant dessus.

Musée de Shanghaï (Shanghai bowuguan)

201 renmin dadao (littéralement "avenue du peuple", je suppose qu’en anglais c’est "People’s avenue" ; c’est la limite sud de People’s square, qui se dit "renmin guang shang")

Shanghaï

Entrée libre

post-6297-1405499677,0358_thumb.jpgpost-6297-1405499677,0763_thumb.jpgpost-6297-1405499677,1157_thumb.jpgpost-6297-1405499677,1654_thumb.jpgpost-6297-1405499677,2064_thumb.jpgpost-6297-1405499677,2472_thumb.jpgpost-6297-1405499679,8255_thumb.jpg


"Les highlights de la live auction e-Billets". 8 mots, 4 en anglais dont un dans un hybride linguistique. Michel Prieur est mort deux fois... Pardon, Michel Prieur est dead deux times. Quel ridicule...

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On s'est loupés de peu à l'époque !

Je l'ai visité 2 fois, une fois en mai 2007, et l'autre fin juin 2009.

En 2007, l'entrée était payante, 20 yuan. Par la suite, c'est en effet devenu entrée libre. J'ai donc été un peu perdu en 2009 quand, à cause de l'habitude, j'ai passé 5 minutes à chercher où était le nouvel emplacement des caisses.

Jusqu'à ce qu'un garde vienne me voir pour me demander ce que je cherchais. En effet, ils ne parlent pas un mot d'anglais. Quand je lui ai montré mon billet de 20, il a rigolé en me montrant le portique d'entrée dans le hall "no, no, go, go..." (bon ok, il disent 2 mots en anglais).

Dans la boutique du musée, on peu trouver un petit livre de quelques pages, au contenu de très faible densité. Pas terrible comme documentation complète, mais il donne malgré tout une bonne vue d'ensemble suffisamment compacte pour informer sans ennuyer les gens qui ne sont pas passionnés. Donc un peu léger pour moi :)

Dans la partie numismatique, il y a aussi des projections de petits films qui montrent le travail des archéologues en train d'exhumer des monnaies du sous sol, de tenter de recréer les procédés de fabrication ... C'est toujours intéressant de voir comment les monnaies peuvent être utilisées en tant qu'objet archéologique et non uniquement de collection.


Numismatique chinoise : http://www.sapeque.com

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Nous avons même dû nous croiser. J’habitais à Shanghaï à l’époque, et ce juin-là j’ai marché des kilomètres presque tous les jours.

Toi aussi, tu as été abordé à la sortie du musée par trois "Chinese tourists from another province" (un gars et deux filles), bons anglophones, qui te demandent de les prendre en photo avec leur appareil puis engagent la conversation pour t’emmener dans une escroquerie (salon de thé pour pigeons ou autre, je ne sais pas, j’étais déjà blasé et je les ai envoyés balader) :mrgreen: ? Ils me sont tombés dessus à la sortie deux jours de suite, les trois mêmes, sans me reconnaître, avec le même procédé et la même casquette effrandouillée au même endroit.

Un ami parti au musée sans moi quelques jours plus tôt n'y est jamais arrivé : il s'est fait escroquer 400 RMB dès le premier mètre sur People's square, au terme d'un scénario de plus d'une heure je crois.

Je n’ai absolument aucun souvenir de "petits films" et j’ai bien l’impression de ne pas avoir vu ça. Comme seule mise en scène, je me souviens d’un diorama, derrière une vitre, présentant la fabrication des sapèques avec un gars qui les enfile sur une tige pour les limer en rotation (des personnages de moins d’un mètre de haut, dans ma mémoire).


"Les highlights de la live auction e-Billets". 8 mots, 4 en anglais dont un dans un hybride linguistique. Michel Prieur est mort deux fois... Pardon, Michel Prieur est dead deux times. Quel ridicule...

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