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Rogner

Paris

 

Enlever une bande de métal autour d’une monnaie déjà frappée et en général déjà mise en circulation. Cette technique concerne surtout les monnaies en argent ou en or, et permet de récupérer un peu de métal précieux en continuant pourtant à utiliser la monnaie à valeur constante. Cette technique était possible à une époque où les flans étaient irréguliers, non parfaitement circulaires. Elle passe pour avoir été parfois utilisée par les autorités émettrices, notamment Philippe le Bel, mais dans la très large majorité des cas il s’agissait d’une pratique illégale de personnes privées.
Elle a pour conséquence, au plan numismatique, d’entamer les éventuelles légendes sur le pourtour et donc de rendre parfois très difficile l’identification précise de la monnaie. Elle porte aussi atteinte aux critères du diamètre et du poids qui sont pris en compte pour l’identification. Au plan économique, elle entraînait une perte de confiance en la valeur de la monnaie à ces époques où la valeur d’une monnaie en métal précieux était, en théorie, fondée sur le produit de son poids et de son titre d’argent ou d’or. C’est pour empêcher ou, au moins, rendre visible cette pratique que le listel a été inventé ; il est d’ailleurs apparu sur les monnaies en métal précieux bien avant d’être étendu au monnayage de métal vil, comme le cuivre et ses alliages.
 
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France, entre 1575 et 1589, douzain = 12 deniers. Ce douzain en billon, alliage d’argent à bas titre, semble avoir été rogné. C’est particulièrement visible dans le quart supérieur gauche du revers, qui rompt totalement avec l’aspect à peu près circulaire du reste de la monnaie. Une pesée permettra de savoir si le poids est faible, ce qui augmentera le soupçon de rognage.

 


Aliases

  • rognage
  • rogné
  • rognée



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