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  1. Unités de compte de la Kharouba et du Ryal en passant par la Piastre espagnole et le Nasri Hafside (Aspre) (Grandeur réelle: diamètre de 14mm) Figure 01 - Kharouba en argent (1/16 Ryal) frappée à Tunis en 1163 de l’Hégire (1749 JC) sous Ali 1 Bey (1735-1756) et le sultan Mahmoud 1 (1730-1754) – Poids de 1.3 g et diamètre de 14 mm - Réf. Anonyme. Face = Indications en arabe en deux lignes: «Sultan, Fleur tulipe / Mahmoud, Fleur tulipe»; globule au centre, grènetis à points, cercle. Revers = Indications en arabe en 3 lignes: «Dhuriba (frappé), 1163 de l’Hégire correspondant à 1749 JC / Fi (à) / Tunis», tulipe, globule au centre, grènetis à points, cercle. Observation: Il existe une autre variété de la Kharouba dont la date est en bas sur le revers. En créant la Kharouba en argent de valeur 1/16 Ryal (1/16 Piastre) et son demi, de valeur 1/32 Ryal (1/32 Piastre), ainsi que la monnaie de 1/8 Ryal (1/8 Piastre), Ali 1 Bey (1735-1756) a continué le processus d’élaboration du système monétaire en argent du Ryal (encore à l’état virtuel), entamé par son prédécesseur Hussein 1er Bey (1705-1735), le fondateur de la dynastie Husseinite. Auparavant, et depuis la conquête ottomane de Tunis en 1574, ce sont les Pachas, les Deys et les Beys Mouradites qui ont gouverné jusqu’à 1705. Le poids moyen de la Kharouba à sa création était d’environ 1.4 g et son diamètre avoisinant 14 mm. Quant au titre en argent, il était aux alentours de 440 g pour mille (Billon), en baisse par rapport à la période d’Hussein 1er Bey (1705-1735) dont les monnaies en argent, le ¼ Ryal (1/4 Piastre) et le Nasri (Aspre) (1/52 Piastre), titraient aux environs de 650 g pour mille (1). L’alignement de la régence de Tunis, province ottomane, ne l’oublions pas, sur le système monétaire ottoman du Kurus élaboré plutôt sous le sultan ottoman Soliman 2 (1687-1691), a été initié à Tunis en 1716 JC, non pas par l’émission du Ryal, conçu équivalent au Kurus ottoman et à la Piastre espagnole de poids moyen de 24 à 28 g, mais par l’émission du ¼ Ryal (Rubû Ryal) de poids moyen de 6 à 7g. L’iconographie adoptée pour le ¼ Ryal est celle du ¼ Kurus reproduisant sur sa face la fameuse citation ottomane « Sultan Al Barrayne Wa Khagane Al Bahrayne » traduite en « Sultan des deux terres et Khagane des deux mers ». (Grandeur réelle: diamètre = 24 mm) Figure 02 – Rubù Ryal (1/4 Ryal) en argent, frappée à Tunis en 1142 de l’Hégire (1728 JC) sous le sultan Ahmed 3 Ibn Mohamed (1703- 1730 JC) et Hussein 1er Bey (1705-1735 JC) – Poids de 6.1 g et diamètre de 24 mm – Anonyme. Face = Indications en arabe en 4 lignes: « /Sultan / Al Barayne Wa Khagane / Al Bahrayne Al Sultan / Ahmed [le reste du nom du sultan est indiqué sur le revers: Ibn Mohamed] ; 1142 de l’Hégire /» [Traduction = « /Sultan / des deux terres et Khagan / des deux mers, le Sultan / Ahmed; (1728 JC) /»]; globule au centre, cercle grènetis sous forme d’un petit trait répétitif (et non d’un globule). Revers = Indications en arabe en 4 lignes: « /Ibn Mohamed / Khan Izza Nasrou / Dhuriba Fi / Tounes / » [Traduction = « / Fils de Mohamed / Khan, honneur à sa victoire / Frappé à / Tunis»/»]; globule au centre, cercle grènetis sous forme d’un petit trait répétitif. La date est indiquée en bas de la face de la monnaie en chiffres arabes correspondant à 1142 de l’Hégire, équivalente à 1728 JC. Il est à noter que le chiffre 4 en arabe est souvent frappé sur les monnaies avec sa ligne du bas prolongée vers la gauche et parfois en continuant vers le haut Le Ryal tunisien, conçu équivalent à la Piastre et au Kurus, a été émis longtemps après ses subdivisions (1/32, 1/16 :Kharouba, 1/8, ¼, 1/2). Il ne sera émis que sous Ali 2 Bey (1759-1782) et demeurera à l’état virtuel durant une cinquantaine d’années depuis la création du système monétaire du Ryal en 1716 par Hussein 1er Bey (1705-1735). En plus, le terme Kurus (Kirch) adopté par la réforme ottomane en Turquie, n’a pas été adopté par la régence de Tunis comme c’est le cas pour la plupart des provinces ottomanes. Le terme Ryal lui a été préféré. L’ambiguïté qui en est résulté est la confusion du Ryal tunisien, équivalent à la Piastre de 8 Reaux, avec le Real espagnol, de valeur égale à 1/8 Piastre (1/8 Ryal). C’est pour cette raison que pour le distinguer, on lui a aussi attribué également la dénomination de Ryal Sebili. En interdisant la Piastre espagnole en 1714 avant d’entamer sa réforme monétaire du Ryal par l’émission en 1716 du Rubû Ryal (1/4 Ryal), le malin Hussein 1er Ben Ali (1705-1735) s’est servi de la matière en argent de la Piastre pour en fabriquer des Nasris (Aspre) en argent, sa principale monnaie marchande d’un poids d’environ 1g et de titre moindre de 650 pour mille. La belle affaire monétaire d’Hussein 1er Bey (1705-1735) est que la fusion d’une Piastre espagnole de 28 g en argent titrée 900 g d’argent pour mille, permettait d’émettre une quarantaine de monnaies de Nasris (Aspre) de poids moyen de 1g ou 5 monnaies de ¼ Ryal de poids moyen de 7g titrant 650 pour mille. Pour rappel, les monnaies composant le système monétaire espagnol basé sur la Piastre et ses subdivisions sont les suivantes: Piastre dénommée Real de Occo ou Peso en Amérique (8 Reaux*), 1/2 Piastre (4 Reaux), 1/4 Piastre (2 Reaux), 1/8 Piastre (Real: unité de compte espagnole), 1/16 Piastre (½ Real) et 1/32 Piastre (¼ Real). *Reaux : pluriel de Real. Après la défaite des espagnols et leur départ de Tunis en 1574, la Piastre espagnole et ses subdivisions sont demeurés en circulation légale jusqu’à leur mise à l’écart en 1714 JC. Durant cette période, la Piastre était admise comme l’unité de compte principale du système monétaire beylical malgré qu’elle porte sur son revers la croix chrétienne. (Grandeur réelle: aux environs de 4X3 cm) Figure 03 – Piastre espagnole en argent de 8 Réaux de forme particulière d’environ 4X3 cm, caractéristique des frappes en Amérique espagnole du 16ème siècle, poids de 26.6 g -– Réf. ARTmedina-tounes. (Grandeur réelle: aux environs de 2X2 cm) Figure 04 - Real en argent (1/8 Piastre espagnole) de forme particulière d’environ 2X2 cm, caractéristique des frappes en Amérique espagnole du 16ème siècle, poids de 4g – Réf. ARTmedina-tounes. Ce sont les divergences fratricides entre princes Hafsides qui ont permis à Charles Quint d’envahir Tunis la Hafside en 1535 et à l’Espagne d’y rester plus d’une trentaine d’années, avant de s’incliner en 1574 devant les troupes ottomanes conduites par Sinan Pacha. Cela correspondait à l’époque où les minerais argentifères gigantesques découverts en Amérique allaient permettre à la Piastre espagnole d’envahir le monde. La reine des monnaies, plus connue par la dénomination de Peso sur le nouveau continent découvert en 1492 par Christophe Colomb, avait un poids consistant d’environ 30 grammes d’argent et était simplement fabriquée par découpage de plaques d’argent, ce qui explique sa forme irrégulière. Ce processus de fabrication, qui a perduré jusqu’à la moitié du 17ème siècle avant l’apparition des machines de frappe, a engendré des formes particulières de la Piastre et ses subdivisions qui ont circulé partout dans les provinces espagnoles et ses territoires de conquête. Tunis la Hafside sous le « protectorat » espagnole de 1535 à 1574 a ainsi « bénéficié » de cette devise universelle qui a continué à circuler légalement à Tunis sous les ottomans jusqu’à sa mise à l’écart en 1714 au profit du Ryal beylical Husseinite. Durant le 17ème siècle synonyme de la période des Pachas, Deys et Beys Mouradites et à côté de la Piastre espagnole admise comme l’unité de compte principale de la régence de Tunis, c’est le Nasri (Aspre) en argent équivalent à 1/52 Piastre, d’origine Hafside et de forme carrée (parfois rectangulaire) qui s’est imposé comme unité de compte secondaire en argent et ce, jusqu’à la création de la Kharouba (1/16 Ryal équivalent 1/16 Piastre) par Ali 1er Bey (1735-1756) comme ci-dessus mentionné. (Grandeur réelle: cotes de 14 X 14 mm) Figure 05 - Nasri en argent (billon) sans indication de la date, du lieu et du gouvernant ce qui rend son attribution assez difficile, voire impossible. - Attribué à la période Hafside du 16ème siècle sur la base de ses cotes de 14X14 mm et ce, selon la méthode formelle d’attribution des Nasris par Monhel* - Les Nasris Hafsides ont été créés depuis le 13ème siècle et n’ont été écartés à Tunis qu’au début du 19ème siècle - Réf. ARTmedina-tounes ; monnaie transformée en pendeloque pour bijoux ethniques de Tunisie. *Méthode formelle développée en annexe 05 du cahier artistique ARTmedina-tounes n°03 « Système monétaire de la régence de Tunis 1574-1891 », Moncef Helioui, 2020, Amazon. Sans aucun doute, la Piastre espagnole, le Nasri (Aspre) Hafside, la Kharouba et le Ryal beylicaux sont des monnaies emblématiques du système monétaire de la Régence de Tunis sous la période ottomane de 1574 à 1891. Ils ont fait partie de la vie quotidienne des tunisiens durant plus de 3 siècles. Elles font partie intégrante du patrimoine culturel numismatique et archéologique de Tunisie. Un patrimoine numismatique riche, malheureusement délaissé sur le plan de la communication. Que dire alors de la promotion de la numismatique en Tunisie ? Un aspect de la réponse a été développé par l’auteur dans l’annexe 15 de son cahier artistique n°03 (2). Le dit cahier artistique n°03 s’est investi par ailleurs sur la clarification des dénominations et des valeurs des monnaies beylicales posant des problèmes de confusion. On confond encore le Nasri Hafside en argent, dénommé Aspre par les commerçants européens de l’époque, avec le Nasry d’Ahmed 1er Bey (1737-1755) que d’autres nomment Nasiri. Par ailleurs, on remarque souvent sur les catalogues de numismatique que l’attribution de la valeur monétaire se fait par rapport à la Kharouba, l’unité de compte secondaire. Même le Ryal, l’unité de compte principale, est mentionné par sa valeur de 8 Kharoubas. Malgré l’émission effective par Ali 2 Bey (1759-1782) du Ryal (équivalant à la Piastre), l’unité de compte principale du système monétaire beylical en argent depuis le début du 18ème siècle, la plupart des catalogues continuent à attribuer la valeur des monnaies beylicales non pas par rapport au Ryal, mais par rapport à la Piastre espagnole, l’unité de compte principale admise au 17ème siècle et écartée en 1714 JC. Ceci dénote certainement une preuve d’attachement et d’admiration à cette emblématique monnaie espagnole universelle qui a fait partie légale du système monétaire beylical de Tunis et qui a été tant partagée par les deux mondes de l’époque depuis la découverte espagnole de l’Amérique et ses gigantesques minerais argentifères. Monhel Références : 1 Abdelhamid Fenina, 2003, « Les monnaies de la régence de Tunis sous les Hussaynides, études de numismatique et d’histoire monétaire (1705-1891) », Tunis, 456 pages, 12 planches. 2 Moncef Helioui, 2020, Cahier artistique ARTmedina-tounes n°03 : « Système monétaire de la régence de Tunis (1574-1891) », Amazon, 344 pages, 182 figures. Prochains suivants : II : Système monétaire beylical de Tunis (1574-1891) – Unités de compte en cuivre III : Système monétaire beylical de Tunis (1574-1891) – Unités de compte en or
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  2. [nbpagination_toc="Introduction"] Au travers de la monnaie ci-dessus, récemment acquise, je voudrais explorer les guerres d’Italie sous Louis XII. Si je connais comme tout le monde la bataille de Marignan et sa date 1515 (bien qu’il ne s’agisse plus de Louis XII mais de François Ier), c’est une période que je découvre totalement. Je vous propose donc un petit rappel historique du contexte de ces guerres d’Italie, afin de permettre de comprendre comment on en est arrivé à frapper des monnaies royales françaises dans le duché de Milan. [nbpagination_toc="Des origines des conflits italiens de 1494 - 1569..."] Des origines des conflits italiens de 1494 - 1569... Il existe en fait 11 guerres d’Italie qui ont rythmé la fin du XVème siècle, jusque dans la seconde moitié du XVIème siècle. Elles impliquent de nombreux états, le royaume de France bien entendu, mais également le duché de Milan, les royaumes de Naples, de Castille, d’Aragon, le Saint Empire, les États Pontificaux, la Confédération Helvétique et la République de Venise. Je retiendrais que celles qui intéressent directement le règne de Louis XII (c’est-à-dire les 4 premières). Il faut remonter au règne de Louis XI (r. 1461-1483) pour trouver l’origine de ces conflits, qui est comme fréquemment à cette époque un problème de succession : le royaume de Naples est jusqu’en 1442 aux mains de la maison d’Anjou. A cette date, le roi d’Aragon Alphonse V prend le contrôle du royaume de Naples. La maison d’Anjou n’a de cesse dès lors d’essayer de récupérer le royaume. A la mort de René d’Anjou en 1480, dernier représentant de la lignée, ses droits passent alors au roi de France Louis XI. Ce dernier n’a que peu d’intérêt à récupérer le royaume, mais son fils Charles VIII (r. 1483-1498) mettra bien plus d’ardeur à récupérer ce qu’il présente comme son dû. L’affaire est en elle-même bien plus complexe, car au-delà des gains territoriaux, il s’agit pour le roi de France de lutter contre l’alliance Florence / Milan / Naples, de s’allier au Duché de Milan pour freiner la puissance vénitienne. Il est également question de déposer l’actuel Pape Alexandre VI. Tout un programme on le voit ! Milan est d’ailleurs à la fois un objectif et un allié pour atteindre les buts fixés (on à l'esprit flexible côté alliance à l'époque...) ! Carte de l'Italie en 1494 [nbpagination_toc="La première guerre d'Italie (1494-1497) : une conquête éphémère"] La première guerre d’Italie (1494-1497) : une conquête éphémère Après s’être assuré la neutralité du roi d’Aragon et de Maximilien de Habsbourg grâce à certains arrangement territoriaux, Charles VIII entre en 1494 en Italie, à la tête d’une armée impressionnante. Les différents états traversé ne s’opposent pas aux français qui parviennent à Naples en février 1495. Cependant la résistance s’organise : le duc de Milan, le roi d’Aragon, l’empereur Maximilien, le Pape Alexandre VI et le République de Venise s’allient et coupent dès lors toute retraite aux français. La retraite s’effectue difficilement, mais la relative victoire des Français à Fornoue leur permet de poursuivre leur route vers le sud de la France. Le reste des troupes française, resté à Naples, résiste tant bien que mal, mais est finalement assiégé dans la ville d’Atella. Décimée par la maladie et la faim, l’armée fini par se rendre. La trêve d’Alcala de Henares, signée le 24 novembre 1497 entérine la fin de la première guerre d’Italie. La Bataille de Fornoue - gravure anonyme, 15è/16è siècle Charles VIII, n’ayant pas renoncé à ses prétentions italiennes, entretient néanmoins des intelligences avec certains princes d’Italie en vue de sa revanche, mais le roi meurt avant d’avoir pu mettre en œuvre ses projets. [nbpagination_toc="La deuxième guerre d’Italie (1499-1500) : le duché de Milan"] La deuxième guerre d’Italie (1499-1500) : le duché de Milan Succédant à Charles VIII, Louis XII (r. 1498-1515) reprend les prétentions de son prédécesseur et ajoute à ces dernières ses propres prétentions sur le duché de Milan qui avait été dirigé jusqu’en 1447 par la famille de sa grand-mère Valentine Visconti. De nombreuses alliances sont signées avec les États Pontificaux, la République de Venise, les cantons suisses, le royaume d’Angleterre et le futur roi de Castille. Le roi de France a les mains libres tandis que le duc de Milan Ludovic Sforza est totalement isolé. La campagne débute en juillet 1499 et Milan est occupé par les français dès le mois de septembre suivant. Gênes tombe également dans les mains des français au passage. Le duc de Milan s’est enfui et réfugié à Innsbruck. Ludovic Sforza, dit Ludovic le More Miniature de Giovanni Ambrogio de Predis Sous l’oppression française, la ville de Milan se révolte en janvier 1500, et le duc Sforza reprends la ville en février. Louis XII envoie alors ses généraux reprendre la ville, mais Ludovic Sforza est trahi par ses mercenaires suisses le 10 avril 1500 et est livré aux français. La ville retombe sous la coupe française et le restera pendant 12 ans. Le duc Sforza, quant à lui, finira ses jours incarcéré au château de Loches ou il décédera en mai 1508 (les causes du décès restant un peu obscures…). [nbpagination_toc="La troisième guerre d’Italie (1501-1504) : Objectif Naples !"] La troisième guerre d’Italie (1501-1504) : Objectif Naples ! Après cet intermède milanais, Louis XII se tourne vers Naples, non sans avoir au préalable obtenu et signé diverses alliance : avec le Pape tout d’abord, puis avec le roi Ferdinant II d’Aragon (Traité de Grenade, qui régit le partage du royaume de Naples. Un Yalta avant l’heure en quelque sorte…) En 1501, les français et les espagnols passent à l’attaque, forçant le roi de Naples à capituler dès septembre 1501. Le royaume de Naples est divisé selon les termes du traité de Grenade pour parti au français, pour parti aux espagnols. La ville de Naples reste aux mains françaises. Mais rapidement, des tensions entre les vainqueurs font jour, et entrainent un conflit entre les royaumes de France et d’Aragon, dès 1502. Les défaites françaises de Seminara, de Cérignole et du Garigliano entrainent la chute de Naples. Bataille de Cerignole :Goncalves de Crdoue regardant la dépouille de Louis d'Armagnac-Nemours œuvre deFederico de Madrazo y Küntz, musée du Prado En février 1504, l’armistice de Lyon est signé et voir le roi Louis XII renoncer à toute prétention sur le royaume de Naples. Les deux grands vainqueurs sont le royaume d’Aragon qui est désormais implanté à Naples et la Papauté qui a vu ses territoires s’accroitre (signalons au passage que le Pape Alexandre VI est mort durant le conflit. C’est le Pape Pie III qui lui succède pour quelques jours -26 très exactement- avant de mourir et d’être remplacé par Jules II). [nbpagination_toc="La quatrième guerre d’Italie (1508-1513) : patatras… Retour à la case départ…"] La quatrième guerre d’Italie (1508-1513) : patatras… Retour à la case départ… Même si Louis XII a renoncé en 1504 à ses vues sur le royaume de Naples, il reste implanté en Italie du Nord par sa possession du duché de Milan. Sous l’impulsion des États pontificaux, le traité de Cambrai (1508) débouche sur la quatrième guerre d’Italie, avec la papauté, le royaume de France et le Saint Empire associés contre la République de Venise. Le conflit débute en mai 1509. Rapidement, les alliés remportent les premières victoires et forcent les vénitiens à reculer en perdant quelques places au passage. Néanmoins, la puissance française effraie le Pape Jules II et en 1510, faisant preuve de grandes capacités de revirement (et de « plantage de couteau dans le dos », osons le dire…), il s’allie à Venise contre le royaume de France, afin de chasser les français du nord de l’Italie. Venise reprend peu à peu ses possessions sur la terre ferme. Le 5 octobre 1511 est formée la Sainte Ligue (incluant les États pontificaux, Venise, l’Espagne, l’Angleterre et la Suisse) dirigée contre les français. Ces derniers remportent une victoire à Ravenne en avril 1512, mais y perdent leur général Gaston de Foix-Nemours dans la lutte. Plutôt que de marcher directemet sur Rome, les français préfèrent perdre leur temps à piller la ville, laissant l’opportunité aux armées espagnoles et pontificale de se ressaisir. En juin 1512, les français sont chassés de l’Italie du Nord, y compris de milan ou Maximilien Sforza (le nom vous dit quelque chose ? C’est le fils du duc Ludovic évoqué plus tôt dans ce sujet…) est replacé sur le trône ducal. Malgré un sursaut français au printemps 1513 (qui permet de reprendre Milan quelques mois), les troupes françaises sont mises en échec lors de la bataille de Novare le 6 juin 1513 et doivent évacuer le nord de l’Italie. La mort de Gaston de Foix-Nemours à Ravenne Huile sur toile, State hermitage Museum Un nouveau danger menace en effet le royaume de France : l’Angleterre est passée à l’offensive en Picardie, les suisses avancent en Bourgogne et les espagnols sont entreprenant en Navarre. Après quelques défaites de ci de là, Louis II de la Trémoille, chef de guerre de Louis XII signe le 14 septembre 1513 le traité de Dijon qui voit l’abandon des prétentions françaises sur l’Italie. Néanmoins, le roi Louis XII refusera de ratifier le traité, ce qui laissera donc les coudées franches à son successeur François Ier (r. 1515-1547) et lui permettra de retourner guerroyer en Italie. Mais cela, c’est une autre histoire… [nbpagination_toc="Le gros royal de six sous"] Le « gros royal de six sous » Passons maintenant à la monnaie évoquée en début d’article, car oui, tout ce laïus n’a pour seul et unique but d’expliquer comment un roi de France en est arrivé à frapper une monnaie royale dans le duché de Milan ! En l’occurrence un gros royal de six sous. Gros royal de six sous, entre 1500 et 1512, atelier de Milan Poids 3,6g, diamètre 27mm, argent. Il s’agit d’une monnaie en argent reprenant un avers classique, à savoir l’écu de France couronné, accosté de 2 lys. La légende porte en guise de lettre d’atelier la tête de Saint Ambroise, suivie de l’inscription « ’LVDOVICVS’D'G'FRANCOR'REX' » pour « LOUIS, PAR LA GRACE DE DIEU, ROI DES FRANCS ». Le revers est plus intéressant à mon sens : il représente Saint Ambroise assis de face, tenant dans sa main gauche sa crosse d’évêque (Saint Ambroise fut évêque de Milan de 374 à 397) et dans sa main droite un fouet à trois queues. La légende dit qu’il aurait chassé les hérétiques ariens d’Italie avec ce fouet. Une autre variante ets qu'il serait apparu lors de la bataille entre les Scaliger et les Visconti pour séparer les combattants à l'aide de ce fouet. Le revers porte la légende « MEDIOLAN – I’DVX'ET'C’ » pour « DUC DE MILAN ETC. » [nbpagination_toc="Autres monnayage milanais..."] Double ducat d’or, entre 1500 et 1512, atelier de Milan Poids 6,91g, diamètre non connu, or Avers : +LVDOVICVS’D'G'FRANCOR'REX' (LOUIS, PAR LA GRACE DE DIEU, ROI DES FRANCS). Buste du roi à droite vêtu du manteau orné d’un lis et coiffé d’une couronne posée sur un chaperon. Revers : : MEDIOLANI’DUX. (DUC DE MILAN). Saint Ambroise à cheval, tenant le fouet dans sa main droite. A l'exergue, un écu de France couronné. © Vinchon.com Teston, entre 1500 et 1512, atelier de Milan Poids 9,32g, diamètre 28mm, argent Avers : +LVDOVICVS’D'G'FRANCOR'REX' (LOUIS, PAR LA GRACE DE DIEU, ROI DES FRANCS). Buste du roi à droite vêtu du manteau orné d’un lis et coiffé d’une couronne posée sur un chaperon. Revers : MEDIOLANI’DUX. (DUC DE MILAN). Saint Ambroise à cheval, tenant le fouet dans sa main droite. A l'exergue, un écu de France couronné. © Monnaiedantan.com Ces testons sont les premières monnaies françaises représentant le souverain régnant. Les ducs de Milan ont été les premiers à frapper des pièces à leur effigie (les testons, de l’italien testa, tête). Ces derniers connaissent un vif succès, et Louis XII, devenant duc de Milan en frappe à son tour. Gros royal dit Bissone, entre 1500 et 1512, atelier de Milan Poids 2,36g, diamètre 20mm, argent Avers : +LVDOVICVS’D'G'FRANCOR'REX' (LOUIS, PAR LA GRACE DE DIEU, ROI DES FRANCS). Ecu de France couronné, accosté de deux guivres couronnées. Revers : MEDIOLANI’DUX’ET’CET. (DUC DE MILAN ETC.). Pallium sous une couronnelle. © Monnaiedantan.com Soldino de Milan, entre 1500 et 1512, atelier de Milan Poids 1,15g, diamètre 20mm, billon Avers : +LVDOVIC'D.G.FRANCOR/REX'. (LOUIS, PAR LA GRACE DE DIEU, ROI DES FRANCS). Ecu de France couronné. Revers : MEDIOLANI’DUX’ET’C. (DUC DE MILAN ETC.). Croix feuillue. © Suffren-numismatique.com
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