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    Guerre de Sécession et devises des États Confédérés d'Amérique

     

    PRÉMICES...

     

    Cette période plonge ses racines profondément dans l’histoire américaine, particulièrement dans l’opposition des États du nord et du Sud, et ce dès la création du pays. La signature de la constitution signée par les treize États d’origine ne s’est pas faite sans difficulté : en effet, les États du Sud voulaient garder une part d’indépendance et éviter la mise sous tutelle d’un État fédéral. La question de l’égalité des droits et par conséquent de l’abolition de l’esclavage, devait également être à l’ordre du jour, mais fut purement et simplement abandonnée. L’opposition Nord/Sud était déjà latente.

     

    Cette opposition initiale ne fit que s’amplifier au cours du temps : une démographie explosive au Nord (évolution démographique naturelle ajoutée à l’immigration massive), tandis que la population stagnait au sud (croissance démographique uniquement par le fait des naissances, très peu d’immigrants), une industrialisation importante du Nord que le Sud ne parvenait pas à suivre, son économie étant basée essentiellement sur l’agriculture, notamment celle du coton : en 1850, le sud n’assure que 20% de la production nationale. Même le coton, produit phare de l’agriculture sudiste était exporté en masse à l’étranger, dégageant certes de gros revenus, mais obligeant les États du Sud à importer massivement, n’ayant pas les infrastructures suffisantes pour être autonomes. Tous les produits de consommation venaient ainsi soit du Nord, soit de l’étranger. La révolution des transports s’effectue également de manière inégale : au nord, l’accroissement du nombre de voies ferrées est vertigineux, mais bien plus lent dans le sud.

     

    Le Nord possède donc à la fois un avantage démographique, industriel, logistique, ce qui exacerbe les tensions entre les futurs opposants.

     

    Par ailleurs, les États du nord ont renoncé à l’emploi d’esclave depuis bien longtemps, mais il ne faudrait pas y voir la raison majeure du conflit : un noir était à l’époque généralement aussi peu considéré dans le nord que dans le sud, même s’il avait un statut d’homme libre dans le nord. Dans le Sud, ils sont 4 millions à la veille de la guerre à être maintenu en esclavage, fournissant la main d’œuvre locale pour les cultures. Seuls un vingtième de la population blanche est propriétaire d’esclaves (grands planteurs, fermiers, petits propriétaires…), mais le reste de la population reste pro-esclavagiste, ce mode de fonctionnement étant nécessaire pour faire tourner le pays. Nombre de petits fermiers ne possèdent pas d’esclave et cultivent leur terre seul : ces « pauvres blancs » fourniront la majorité des combattants des armées du sud.

     

    ÉLECTION DE 1860 ET SÉCESSION...

     

    Au début des années 1830, Lincoln est un avocat de Springfield dans l’Illinois. Il rejoint les conservateurs. En 1834, il est élu député à la chambre des représentants, puis en 1846 sénateur de l’Etat. Lincoln est favorable à l’abolition de l’esclavage. « L’achat et la vente d’êtres humains est une honte pour le pays » déclare-t-il. Il se prononce contre l’extension de l’esclavage aux nouveaux territoires de l’Ouest. En 1850, il dépose une proposition de loi visant à abolir l’esclavage dans le District de Columbia et préconise l’émancipation des enfants et un dédommagement des propriétaires. John Calhoun, sénateur de Caroline du Nord, l’accuse de compromettre la stabilité politique et commerciale du pays avec ce projet. Calhoun possède d’importantes plantations de coton cultivées par des esclaves. Devant les attaques de Calhoun et de ses partisans et ne trouvant pas d’appui au sein de son parti, Lincoln renonce à son projet. Il n’est pas réélu et reprend ses fonctions d’avocat à Springfield.

    L’abrogation du compromis du Missouri lui permet de revenir en politique. Lincoln se borne à vouloir limiter l’extension de l’esclavage à de nouveaux Etats et dédommager financièrement les propriétaires terriens du Sud.

     

    Lincoln prend conscience que les partis actuels (démocrates et conservateurs) ne permettent plus de dégager des mouvements forts. En mars 1856, il réunit à Bloomington une convention qui prend le nom officiel de Parti républicain. Aux élections présidentielles de 1857, le démocrate James Buchanan accède à l’investiture suprême. Le Parti républicain arrive en seconde position. En 1858, l’Illinois procède à l’élection de nouveaux sénateurs. Lincoln est opposé à Stephen Douglas, homme politique de renom. La campagne se déroule sous fond de tension abolitionniste. Lincoln échoue de justesse. Néanmoins, ses discours lui valent une popularité de plus en plus croissante dans le Nord, mais la haine du Sud.

     

    En mai 1860 à Chicago, le Parti républicain doit choisir son candidat à l’élection présidentielle. Deux candidats se dégagent sur les treize : Lincoln possédant l’image de l’homme intègre et une excellente éloquence et William Seward possédant davantage d’expérience et des soutiens dans les hautes sphères. Lincoln est finalement choisi comme candidat.

     

    Du 23 avril au 3 mai, le Parti démocrate se réunit à Charleston en Caroline du Sud, afin de désigner leur candidat, parmi six prétendants. A l’issue des débats, aucun des prétendants ne réussit à obtenir les deux tiers des suffrages nécessaires. Une nouvelle réunion a lieu à Baltimore dans le Maryland le 18 juin. Suite à l’échec d’une motion pro-esclavagiste, les délégués du Sud quittent la réunion. Les démocrates du Nord choisissent Douglas, un sudiste, en espérant récupérer le maximum de votes dans le Sud. Les démocrates du Sud se réunissent le 28 et choisissent John Breckinridge comme candidat dissident. La division du pays se concrétise via le Parti démocrate qui présente deux candidats.

     

    Le parti conservateur désigne John Bell, un riche propriétaire du Tennessee, dont il fut sénateur, possédant des esclaves et ancien secrétaire d’Etat à la guerre. Bell n’aborde aucune question se rapportant à l’esclavage et ne reconnait aucune autre loi que la Constitution. Deux autres petits partis participent à l’élection : le Parti du Peuple et le Parti de la Liberté.

     

    Lors des élections chaque électeur vote au sein de son État pour ses représentants au sein du collège des grands électeurs, dont le nombre de membres est identique à celui des représentants de l'État siégeant au Congrès. Deux chambres parlementaires composent le Congrès : la Chambre des représentants et le Sénat. Le recensement de la population de l’Etat détermine le nombre de représentants de celui-ci siégeant à la Chambre. Les Sénateurs sont au nombre de deux par État. Par conséquent, certains États possèdent plus de grands électeurs que d’autres et sont plus intéressants à remporter. Les citoyens votent pour une liste de grands électeurs du parti soutenant le candidat à la présidence. La liste qui obtient la majorité des votes populaires emporte tous les grands électeurs de l'État. Après ce vote, les grands électeurs se réunissent pour élire le président. Ils accordent leur voix aux candidats en général sur la base du vote populaire.

     

    Les élections se déroulent dans un climat tendu. Deux années à peine se sont écoulées depuis la fin des troubles au Kansas. L’année précédente, John Brown s’attaquait à l’arsenal de Harper’s Ferry. Le Sud considère Lincoln comme un tyran et menace de faire sécession en cas de victoire de Lincoln. Les républicains abordent davantage les questions régionales, telles que les tarifs douaniers ou le développement du chemin de fer.

     

    Douglas est le seul candidat à faire une campagne nationale. Il parcourt tous les Etats du pays, à l’exception de la côte ouest en raison de son éloignement géographique et de l’absence de moyens de communications rapides. Il prétend être le candidat de l’Union en mettant l’accent sur le risque de sécession en cas de victoire des républicains, qui n’hésiteraient pas à abolir l’esclavage et à détruire le mode de vie du Sud. Cette fois, beaucoup de nordistes pensent que le Sud ne fera jamais sécession et qu’il s’agit d’une énième tentative d’intimidation.

     

    Le Parti conservateur est moqué dans le Nord. Il est traité de parti de « vieux messieurs ». Il est vrai que l’âge moyen des membres tourne autour de 60 ans. Le Sud trouve que Bell se moque d’eux en éludant la question de l’esclavage. Bell se résout à défendre le projet d’instituer un code de l’esclavage assez similaire à celui des démocrates. Au final, les électeurs favorables à ce projet donnent leur voix aux démocrates et les opposants se rallient aux républicains.

     

    Le 6 novembre 1860, Abraham Lincoln est élu président.

     

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    Abraham LINCOLN

     

    Les résultats montrent la division du pays : Lincoln s’est imposé dans 18 Etats, tous non-esclavagistes. Onze Etats du Sud ont donné leurs voix à Breckinridge et trois à Bell. Lincoln a profité de la scission du Parti démocrate.

     

    Le Sud enrage et menace de faire sécession. Pour calmer le Sud, Lincoln déclare qu’il n’abolira pas les esclavages dans les Etats du Sud. En revanche, il l’interdira dans les nouveaux Etats rejoignant l’Union. Dès le mois de l’élection, la Caroline du Sud conteste l’autorité de Washington. Il est demandé à Lincoln de faire des concessions. Il refuse et rétorque « des concessions nous feraient perdre tout ce que nous avons gagné aux élections. »

     

    Finalement, sept états esclavagistes du sud décident en février 1861 de faire sécession pour devenir les États Confédérés d’Amérique (CSA, Confederate States of America). Après le début des hostilités entre USA au nord et CSA au sud le 12 avril 1861, 4 états rejoignent les rangs de la sécession.

     

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    Carte des États-Unis en 1861 :

    En bleu foncé les États de l'Union ; en bleu clair, les territoires qui n'étaient pas encore des États, essentiellement sous le contrôle de l'Union. En gris, les États esclavagistes. Les limites de la confédération sont établies en rouge.

     

     

    Le premier (et unique) président de la Confédération fut Jefferson Davis, élu par la convention constituante de Montgomery le 9 février 1861, avec comme vice-président Alexander Stephens.

     

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    Jefferson DAVIS

     

    Modifié par medaille59

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