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    medaille59

    Petite histoire du franc : de la guerre de Cent Ans à la Révolution...

     

    Monnaie d’or, le franc est né non comme on pourrait le penser dans une période riche et prospère, mais dans une période particulièrement troublée, celle de la guerre de Cent Ans. Il me parait important de revenir sur ce conflit ainsi que sur les causes économiques et sociales qui ont précédé son introduction. Le franc étant une monnaie royale en or, nous en profiterons pour faire un petit aperçu succinct et rapide du monnayage d’or l’ayant précédé ou cotoyé.

     

    Contexte préliminaire à l’apparition du franc :

     

    Philippe II Auguste (r.1180-1223) introduit la notion de monnaie royale à la fin du XIIème siècle afin d’affermir la puissance royale. Les deniers (parisiis et tournois) vont régner en maître alors que les monnayages locaux sont appelés à progressivement disparaître. Louis IX (Saint Louis, r.1226-1270) poursuivra cette politique monétaire, tout en l’améliorant : fabrication de monnaies d’or (Écu d’or), fabrication de gros tournois de 12 deniers, ces dernières étant interdites de frappe hors du domaine royal. Enfin l’utilisation des monnaies féodales est autorisée, mais uniquement dans le lieu d’émission.

     

     

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    Écu d'or de Saint Louis (département des monnaies, Bibliothèque Nationale de France)

     

     

    À la fin du XllIème siècle, Philippe le Bel (r.1285-1314) s'engage dans une politique militaire onéreuse contre l'Aquitaine anglaise et la Flandre. Afin de maintenir ses revenus monétaires, et pallier l’augmentation du cours des métaux précieux, le roi pratique des réajustements et des mutations (dévaluations successives, réévaluations partielles, baisse de poids en métaux précieux), ce qui perturbe fortement l’économie du pays, les règlements devant s’effectuer à la valeur de la monnaie au moment de la passation du marché.

     

     

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    Philippe Le Bel

     

     

    C’est une période faste pour la création de monnaies notamment en or, que Philippe le Bel fait battre en quantité : Petit royal, Masse d’or (grand royal), Chaise d’or, Florin d’or à la reine, Petit royal debout, Agnel d’or… La monnaie de billon sera très abondante (le billon étant un alliage d’argent, de cuivre et de plomb), mais sa teneur en argent diminuera progressivement.

     

    Quelques exemples de monnayage d'or sous Phillipe le Bel :

     

     

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    Petit royal

     

     

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    Masse d'or

     

     

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    Chaise d'or

     

     

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    Florin d'or à la Reine

     

     

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    Agnel d'or

     

    (toute illustration : www.vinchon.com)

     

    Les successeurs de Philippe le Bel essaieront bien de revenir à plus de stabilité, mais sans grand succès. C’est Philippe VI qui parviendra à stabiliser les cours et rétablira une monnaie saine. Provisoirement toutefois, car lors du déclenchement de la guerre de Cent Ans, Les problèmes financiers du règne de Philippe le Bel réapparaîtront avec une toute autre ampleur…

     

     

     

    Prémices à la guerre de Cent Ans :

     

    En 1328, la mort sans héritier de Charles IV (r. 1322-1328), fils de Philippe le Bel et dernier des Capétiens mâles en ligne directe est directement la cause de la guerra de Cent Ans. Deux prétendants au trône sont alors en lice : Philippe de Valois, plus proche héritier de la lignée masculine, et le roi d'Angleterre Édouard III (1327-1377), qui fait valoir ses droits à la succession en tant que petit-fils de Philippe le Bel : la fille de Philippe le Bel, Isabelle de France, a été offerte en mariage à Édouard II d’Angleterre. Arguant une ancienne loi franque, dite "loi salique", qui exclue de la succession au trône de France la descendance par les femmes, Philippe de Valois est élu par les pairs du royaume roi de France sous le nom de Philippe VI. Édouard Ill, roi d’Angleterre, maître de la Guyenne, doit alors lui prêter allégeance (avec une certaine réticence, on peut l’imaginer).

     

     

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    Lorsque Philippe VI de Valois arrive au pouvoir, il trouve un pays prospère et puissant tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. On copie le système de bonne monnaie prôné par Saint Louis, et de nombreuses et magnifiques monnaies d’or sont frappées à cette période (beaucoup seront d’ailleurs reprises par son successeur…) Néanmoins le jeu des mutations monétaires ne tarde pas à recommencer, et à partir de 1328, la monnaie commence à perdre de la valeur, jusqu’à 4/5 en 1342 (l’or quadruplera sa valeur sur cette période).

    A cette date, un nouveau conflit a éclaté entre le royaume de France et celui d’Angleterre : dès l’accession au trône de Philippe VI, ce dernier reprend la politique capétienne traditionnelle. Différents conflits, intéressant dans un premier temps l’Écosse mais surtout le duché de Guyenne, font monter la tension entre les Valois et les Plantagenets : la Guyenne, possession anglaise depuis 1188, est en effet à l’origine d’un conflit larvé entre les deux monarchies depuis plusieurs générations. Le soutien apporté par le royaume de France aux écossais contre les anglais incite Édouard III à rappeler ses prétentions au trône de France. Par mesure de répression, Philippe VI de Valois annexe alors la Guyenne. Commencent alors cent seize années de conflits qui verront s’alterner périodes de guerre et de trêve.

     

    Monnayage d'or de Philippe Vi :

     

     

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    Royal d'or

     

     

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    Parisis d'or

     

     

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    Lion d'or

     

     

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    Pavillon d'or

     

     

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    Couronne d'or

     

     

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    Écu d'or à la chaise

     

     

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    Ange d'or

     

     

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    Florin Georges

     

     

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    Chaise d'or

    (toute illustration : www.vinchon.com)

     

     

    La Guerre de Cent Ans

     

    Le début de la guerre n’est guère favorable au royaume de France, les défaites se succédant les unes aux autres implacablement : destruction de la flotte française à Lécluse en 1340, qui laisse les mains libres à l’Angleterre sur mer, défaite de Crécy en 1346, où les archers anglais déciment la cavalerie française. Dans la foulée, Calais tombe aux mains anglaises après 11 mois de siège (la ville restera anglaise pendant près de 2 siècles). La guerre est menée sous forme de raids, sans occupation du territoire, hormis certains points stratégiques. Ces raids sont dévastateurs et ruinent les régions traversées. Les périodes de trêves n’offrent pas plus de répit à la population, les soldats et mercenaires démobilisés s’organisant en bande qui mettent le pays en coupe réglée, pillant et semant la terreur. Pour compléter ce tableau déjà bien sombre, ajoutons qu’une grande épidémie de peste s’abat sur la France, achevant un petit peu plus une population déjà bien éprouvée…

     

     

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    La Bataille de Crécy, le 26 août 1346

     

     

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    La peste noire de 1346-1352 ( Miniature extraite de la seconde chronique de

    Gilles le Muisit (1272-1352), abbé de Saint-Martin de Tournai. Manuscrit latin. )

     

     

    Les mutations monétaires s’accélèrent et s’amplifient au rythme des défaites : on totalisera 85 mutations entre 1337 et 1380 ! La guerre ruinant le pays, de nouveaux impôts sont levés. Ces mesures rendent le pouvoir fort impopulaire après de la population et des acteurs économiques, ce qui aura une influence ultérieurement.

     

    En 1355, le fils d’Édouard III, le Prince de Galles dit le Prince Noir, débarque en Aquitaine et dévaste la région. Dans une tentative pour contrer cette incursion, l’armée royale avec à sa tête le roi Jean II « le Bon » (successeur de Philippe VI) affronte l’armée anglaise près de Poitiers le 19 septembre 1356 : la bataille tourne au désastre pour l’armée française qui est écrasée, et le roi est capturé !

     

     

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    La bataille de Poitier, le 19 septembre 1356

     

     

     

    Le traité de Brétigny et la création du franc

     

     

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    Capture du roi Jean II le Bon, à l'origine du traité de Brétigny.

     

     

    Suite à la capture du roi Jean II, le dauphin Charles est nommé régent du royaume. Ce dernier doit faire face à de nombreuses difficultés :

     

    - en tout premier lieu, il faut lever la rançon du roi qui a été fixée à 4 millions de livres, soit plus de 16 tonnes d’or, somme considérable.

    - une révolte paysanne se propage autour de Paris, en Normandie et en Champagne (la Jacquerie).

    - le roi doit ensuite réprimer un soulèvement contre sa personne, initié à Paris par Étienne Marcel.

     

    C’est dans ce contexte qu’une armée anglaise débarque à Calais. Le régent Charles n’a guère le choix : la France est ruinée, en crise politique et sociale. Malgré une victoire stratégique contre l’armée du roi Édouard III, il faut conclure la paix avec l’ennemi anglais.

     

    Le traité de Brétigny est signé le 8 mai 1360, accordant à l’Angleterre des concessions territoriales (le tiers du royaume appartenant désormais à l’Angleterre), la rançon pour la libération de Jean II étant abaissée à « seulement » 3 millions de livres (soit tout de même la bagatelle de 12,5 tonnes d’or…). A cause de son repli dans le nord de la France, Édouard III renonce également à ses prétentions sur le trône de France.

     

    Après un premier versement de 400.000 livres en écus, Jean II est libéré sur parole et peut rejoindre le royaume le 25 octobre 1360, laissant tout de même derrière lui des otages en captivité à Londres, dont son frère et ses trois fils.

     

    De passage à Compiègne, il signe trois ordonnances le 5 décembre 1360 pour réintroduire un monnayage stable et de bonne qualité :

     

    - Généralisation de la gabelle (impôt sur le sel) et levée d’un impôt direct sur chaque foyer fiscal : le « fouage »,

    - Renforcement des deniers d’argent,

    - Création d’une nouvelle pièce en or : le franc, en référence à la liberté retrouvée du roi (comme il est spécifié dans l’ordonnance royale : « Nous avons été délivré à plein de prison et sommes franc et délivré à toujours » […] « Nous avons ordonné et ordonnons que le Denier d'Or fin que nous faisons faire à présent et entendons à faire continuer sera appelé Franc d'Or »), établi à la valeur d’une livre tournois, soit 20 sols tournois, ou 240 deniers. De par son graphisme, la monnaie est rapidement appelée « franc à cheval ».

     

    La volonté du roi est de fixer un rapport le plus fixe possible entre l’or et l’argent, afin garantir une certaine stabilité. Il suit en cela les préconisations de son conseiller Nicolas Oresme, clerc, philosophe et économiste qui prône l’arrêt des mutations, afin de permettre à la monnaie de lutter contre les monnaies étrangères, notamment le florin de Florence qui domine l’Europe.

    Les anciennes monnaies ont vocation à être refondue, pour que seule la nouvelle monnaie circule.

     

     

     

    Le Franc à cheval

     

    Il s'agit d'une pièce de 3,88 grammes d'or (soit 63 pièces pour 1 marc d'or, le mac d'or équivalant à à une demie livre, soit environ 245 grammes), au titre de 24 carats (1000/1000ème). Les premiers francs à cheval sont frappés en février 1361. Il existe également une pièce nommé « grand franc d'or », de graphisme identique, mais d'un poids et d'un diamètre plus élevés (5,83g soit 42 pièces pour 1 marc d'or).

     

    Ces deux monnaies sont mentionnées dans l'ordonnance du 10 avril 1361 :

     

    « Pour ce est il que nous qui voulons que chascun saiche que nous qui avons très parfaite entention et bonne volonté de tout nostre povoir faire tout au plaisir du Dieu et au bien et prouffit commun de tout le peuple de nostre dit royaume, que iceulx puissent estre en bonne union et tranquillité , et que par le fait et mutacion de nostre dite monnoye, d'ores en avant, ne puisse estre grevé ni affaibli, mais puisse et doye le fait et gouvernement d'icelles demeurer et arrester en ung estat ; par très grant et bonne délibération eüe par plusieurs fois avec plusieurs prélats, barons, bourgeois et aultres à ce cognoissants, en considérant tout ce qui est à considérer, avons volu et ordonné et par ces présentes volons et ordonnons, et à tous quels que ils soient, tant de nostre lignage comme d'autres, qu'ils ne soient tant osés ni si hardys, surtout ce en quoy ils se peuvent mesfaire envers nous, de prendre ou mettre en appert ou en couvert pour aucun prix, sinon au marc pour billon, depuis la publication de ces présentes, et pour le prix que nous leur avons donné et qui s'en suit ci-après : c'est assavoir les francs d'or que nous avons fait faire, faisons et ferons faire d'ores en avant, n'ayent cours et soient pris ou mis que pour seize sols parisis la pièce tant seulement, ainsi comme ordonné avons paravant ; et aussi les autres grands francs d'or que nous avons ordonné estre faits des quels les deux sont et seront d'autelle valeur comme les trois francs de seize sols dessus dits, ne soient pris et mis que pour vingt-quatre sols parisis et non pour plus, etc. »

     

    Et aussi dans celle du 14 avril 1361 :

     

    « Que l'en face faire et ouvrer francs d'or fin de 63 de poids au dit marc, autels comme nous avons fait et faisons faire à présent, qui auront cours pour vingt sols tournois la pièce, si comme nous leur avons ordonné par avant ; et avec ce que l'en face faire et ouvrer francs d'or fin, plus grands les quels seront de quarante-deux pièces de poids au dit marc, et auront cours pour trente sols tournois la pièce, en y mettant différence, et en donnant en chacun marc d'or fin soixante livres tournois , etc. »

     

    La pièce est d'une certaine manière originale, car c'est la première monnaie à représenter le roi chevauchant l'arme à la main. Les représentations royales existaient auparavant, mais montrant toujours le roi assis ou debout, ne portant ses armes que sur l'écu d'or à la chaise de Philippe VI. Cette représentation équestre est plutôt l'apanage des sceaux utilisé à cette période. C'est également la première monnaie à porter le nom de franc.

     

     

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    Jean II, Franc d'or à cheval, 1361-1364, atelier non connu. Diamètre 28,7 mm, poids 3,85 g.

    (Coll. personnelle)

     

     

    L'avers représente le roi en chevalier en arme, chargeant pour aller au combat (vers la gauche), portant une tunique fleurdelisée et un heaume couronné et surmonté d'une fleur de Lys (celle-ci se trouvant dans la légende de la monnaie. Le cheval du roi est recouvert d'un caparaçon, également fleurdelisé.

     

    En légende, on trouve l'inscription « IOHANNES : DEI : GRATIA : FRANCORV : REX », que l'on peut traduire par « JEAN, PAR LA GRACE DE DIEU, ROI DES FRANCS ». La devise latine est la règle à l'époque. On remarquera l'absence de numérotation du souverain, ce qui est normal à l'époque. Cette numérotation commencera à apparaître sous Louis XII, et sera généralisée sous Henri II (ordonnance royale de 1549). La mention « DEI GRATIA » rappelle que le roi tient son pouvoir directement de Dieu, et qu'il ne reconnaît par conséquent dans son royaume aucune autre autorité supérieure.

     

    Le revers est plus classique : il reprend globalement les codes utilisés à partir du monnayage royal de Saint Louis. On y retrouve une croix végétale, au cœur quadrilobé, entourée d'un quadrilobe orné de palmettes, cantonné de 4 trèfles.

     

    La légende porte l'inscription « + XPC*VINCIT*XPC*REGNAT*XPC*IMPERAT », qu'il faut lire « CHRISTUS VINCIT CHRISTUS REGNAT CHRISTUS IMPERAT » et qui se traduit « CHRIST VAINC CHRIST RÈGNE CHRIST ORDONNE ». Il s'agit là d'une acclamation prononcée lors des fêtes religieuses de Pâques. Utilisée au revers du monnayage royal d'or sous Saint Louis et sous cette forme jusqu'au règne de Charles IX, la formule (et également la croix) fait encore une fois référence au caractère divin du roi.

     

    Après le règne de Jean II le Bon

     

    Le duc d'Anjou, fils de Jean II le Bon, s'étant enfui de sa prison londonienne, le roi tint sa parole et alla se reconstituer prisonnier en Angleterre en janvier 1364. Il y meurt peu de temps après le 8 avril 1364. Charles V lui succède.

     

    Ce dernier poursuit un temps la frappe des francs à cheval, bien que ceux-ci ne soient plus destiner à payer une rançon inutile (l'otage étant décédé) et au final jamais complètement honorée. Le franc à Cheval de Charles V est identique à celui de Jean II, à l'exception de la légende de l'avers qui porte désormais l'inscription « KAROLVS : DEI : GRATIA : FRANCORV : REX ».

     

     

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    Charles V, franc à cheval, 1365

     

     

    Dès 1865, le roi Charles V ordonne la frappe d'un nouveau modèle de franc qui prends le nom officiel de « denier d'or aux fleurs de lys », mais qui sera rapidement plus connu sous le nom de « franc à pied ». Ce franc garde les caractéristiques techniques de son prédécesseur.

     

     

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    Charles V, franc à pied

     

     

    L'avers porte désormais l'image du roi de France, portant une tenue fleurdelisée et tenant dans ses mains les attributs royaux, debout sous un dais gothique décoré de fleurs de Lys. La légende porte l'inscription « KAROLVS x DI GR : FRANCORV x REX » (« CHARLES PAR LA GRACE DE DIEU, ROI DES FRANCS ». Le revers change légèrement : la croix est désormais cantonnée de 2 couronnes et de 2 fleurs de lys, et entourée d'un quadrilobe anglé cantonné de 8 fleurs de Lys.

     

    Le franc d'or a coïncidé avec une période de redressement financier du royaume, et le terme reste dès lors dans les mémoires. A la mort du roi Charles V, le franc disparaît pour être remplacé par l'écu d'or à la couronne sous Charles VI. La guerre de Cent Ans poursuit ses ravages, tant militaires que financier. Il faut attendre le règne de Charles VII et l'intervention de Jeanne d'Arc pour que l'ennemi anglais reflue lentement. Sous le règne de Charles VII est émis un nouveau franc à cheval, en 1423, dont la frappe est rapidement abandonnée au profit de l'écu d'or.

     

     

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    Charles VII, franc à cheval. Exemplaire du cabinet

    des médailles de la Bibliothèque Nationale de France

    Avers : KAROLVS D - EI.GRACI.FRACORV.REX

     

     

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    Charles VII, écu d'or à la couronne (ou écu neuf)

     

     

    Le franc disparaît alors pour une période de plus de 150 ans...

     

    La réintroduction de Henri III

     

    C’est en 1575 et sous le règne de Henri III(r. 1574-1589) qu’une réflexion est engagée afin de lutter contre l’instabilité monétaire et la hausse des prix :  en 1577, le pouvoir décide d’introduire une nouvelle monnaie, l’écu d’or, et d’exprimer toute somme en cette unité, un écu d’or valant trois livres soit 60 sous. Le franc est réintroduit en lieu et place du teston, non plus sous forme de monnaie d’or, mais sous la forme d’une pièce d’argent. Elle prendra dès lors le nom de « franc blanc ». Sa valeur est d’une livre tournois.

     

    Il s’agit d’une pièce de 14 grammes en argent, portant au revers le profil tourné à droite d’Henri III, la tête ceinte d’une couronne de laurier. La légende porte l’inscription « HENRICVS. III. D. G. FRANC. ET. POL. REX. » (« HENRI III ROI DE FRANCE ET DE POLOGNE PAR LA GRACE DE DIEU »). Le millésime se trouve à 6h dans la légende, la lettre d’atelier sous le buste.

     

    Un petit mot sur la légende et ce titre de roi de Pologne : Henri, à l’âge de 21 ans est candidat à la succession du trône de Pologne, et est élu le 11 mai 1573 roi de Pologne Lituanie. A la mort de son frère Charles, décédé sans descendance mâle, il rejoint la France abandonnant de facto la charge de roi polonais (un nouveau sera élu dès 1575) pour reprendre la couronne de France en mai 1574.

     

    Au revers, on trouve une croix formée de 4 éléments feuillus et fleurdelisés, et d’un H en cœur. En légende « + SIT. NOMEN. DOMINI. BENEDICTVM » (« BÉNI SOIT LE NOM DU SEIGNEUR »).

    Il existe bien entendu des variantes à ces légendes, selon les ateliers, il serait long et fastidieux de toutes les recenser…

     

    Conjointement sont créés des « demis francs » et des « quarts de franc » : les poids sont respectivement de 7 et de 3,5 grammes. Le graphisme est identique, mais les pièces sont bien évidemment plus petites.

     

    Dès 1586, la frappe des francs d’argent est suspendue : trop souvent rognés, le régime ne laisse en place que les modules d’un demi et d’un quart de franc.

     

     

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    Henri III, Franc au col fraisé, 1580, atelier de Toulouse (M). Diamètre 36mm, poids 13,94g.

    ©monaiesdantan.com

     

     

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    Henri III, Demi-franc au col plat, 1587, atelier de Toulouse (M). Diamètre 29mm, poids 6,86g.

    ©monaiesdantan.com

     

     

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    Henri III, quart de franc au col plat, 1587, atelier de Bordeaux (K). Diamètre 26mm, poids 3,27g.

    ©monaiesdantan.com

     

     

    L’assassinat du roi Henri III par le moine Jacques Clément en 1589 propulse Henri III de Navarre sur le trône de France, sous le nom de Henri IV. C’est la fin de la dynastie des Valois, et l’avènement de celle des Bourbons. C’est une période trouble, nous sommes en pleine guerre de religions, et la nomination de Henri de Navarre, chef du parti protestant, sur le trône de France ne va pas sans provoquer de trouble : la Sainte union (catholique) refusant de reconnaitre Henri IV, et choisit pour successeur à la couronne l’oncle de Henri de Navarre, le cardinal Charles de Bourbon. Ce dernier aurait du régner sous le nom de Charles X, mais meurt en 1590, sans avoir pu exercer ses fonctions.

     

    Durant cette année 1589, on voit ainsi un monnayage frappé au nom de Henri III, mais également à partir de 1590, émanant d’ateliers ligueurs, des frappes au nom de Charles X. Certaines de ces monnaies seront encore frappées bien longtemps (1598) après la mort de Charles de Bourbon.

     

    Henri IV, qui n’a plus de réel opposant sérieux, reconquiert patiemment son royaume, avec la prise de Paris en 1594. C’est après l’adoption de l’Édit de Nantes en 1598, qu’une certaine paix peut s’installer dans le royaume de France.

     

    Ce n’est qu’à parti de ce moment que le roi peut s’attacher à restaurer un système monétaire sain : il reprend le système en vigueur sous Henri III, qui voit cohabiter 2 système fondés le premier sur les demi-franc et quart de francs, le second sur l’écu est ses divisions.

     

    Le graphisme des francs reste globalement le même, la légende de l’avers devenant « HENRICUS IIII D. G. FRANC. ET. NAVA. REX pour « Henri IV, roi de France et de Navarre » (variantes possibles « FRANCO. ET NAV. REX. par exemple…)

     

     

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    Henri IV, demi franc, 1603, atelier de Toulouse (M). Diamètre 31mm, poids 6,90g.

    ©monaiesdantan.com

     

     

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    Henri IV, quart de franc, 1604, atelier de Montpellier (N). Diamètre 26mm, poids 3,40g.

    ©inumis.com

     

     

    Le franc demeure peu utilisé durant le règne d’Henri IV, et est frappé de manière irrégulière.

     

    Juste à titre de complément, j’illustre l’autre grand type de monnaie en circulation : les quarts et huitièmes d’écu :

     

     

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    Henri IV, quart d’écu, 1606, atelier de Bayonne (L). Diamètre 28mm, poids 9,46g.

    AVERS : + HENRICVS.IIII.D.G.FRANC.E.NAVA.RX. Croix formée d'un quadrilobe en cœur et de quatre éléments feuillus.

    REVERS : SIT NOMEN DOMINI BENEDITVM. Ecu de France couronné et accosté de II - II Lettre d'atelier à la pointe de l’écu.

    © monaiesdantan.com

     

     

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    Henri IV, huitième d’écu Béarn, 1606, atelier de Morlaas (M). Diamètre 25mm, poids 4,70g.

    AVERS : HENRICVS. 4. D. G FRANC. ET. NAVA. REX. DB. Croix fleurdelisée.

    REVERS : GRATIA. DEI. SVM. Q. ID. SVM (millésime). Ecu couronné de France-Navarre-Béarn, accosté de V - III.

    © monaiesdantan.com

     

    La réforme monétaire de Louis XIII

     

    Au début de son règne en 1610, le roi Louis XIII maintient le système en vigueur, à savoir une cohabitation entre écus d’or, d’argent, demi et quart de franc. C’est une période financièrement trouble, les finances publiques étant plombées par les dépenses énormes, notamment militaires : l’érection de fortification bastionnée, multiplication des effectifs armés etc. La France s’engage en 1630 dans la guerre de trente ans visant à affaiblir l’empire autrichien. L’importante circulation de monnaies étrangères, les variations de prix des métaux précieux et les dépenses croissantes de la Cour déstabilisent sans cesse la monnaie.

     

    L’avers des demi et quart de francs reste du même type que précédemment, le buste changeant bien évidemment, et la légende devenant « LUDOVIC. XIII. D. G. FRAN. ET. NAVA. REX. » (« LOUIS XIII ROI DE FRANCE ET DE NAVARRE PAR LA GRACE DE DIEU »). La lettre d’atelier se trouve à 6h, sous le buste.

     

    Au revers, on trouve une croix formée de 4 éléments feuillus et d’un L en cœur. En légende « + SIT. NOMEN. DOMINI. BENEDICTVM » (« BÉNI SOIT LE NOM DU SEIGNEUR ») et l’année de millésime.

     

    Il existe encore une fois bien entendu des variantes à ces légendes, selon les ateliers.

     

     

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    Louis XIII, demi franc au col fraisé, 1613, atelier de Rouen (B). Diamètre 26mm, poids 6,87g.

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    Louis XIII, quart de franc, 1641, atelier de Toulouse (M). Diamètre 25mm, poids 3,49g.

    ©monaiesdantan.com

     

     

    C’est dans ce contexte que le roi émet un édit le 31 mars 1640, réévaluant l’or et visant à assainir la circulation des monnaies. Cette ordonnance porte sur la création de trois pièces à l’effigie de Louis XIII (et portant son nom) : le demi-Louis de 5 livres, le Louis de 10 livres et le double Louis de 20 livres. L’or sera fourni par la refonte massive des anciens écus d’or et du monnayage d’or étranger (notamment les pistoles espagnoles). A noter qu’il existe des monnaies dites « de plaisir » (car servant à la table de jeu du Roi) de 40 ou 80 livres tournois (quadruple et octuple Louis).

     

    Cette ordonnance est suivie le 23 septembre 1641 d’une seconde qui créé une nouvelle espèce d’argent : le Louis d’argent, plus communément appelé écu. L’écu vaut 60 sols, et ses subdivision (demi, quart, douzain) respectivement 30, 15 et 5 sols. L’écu d’argent connu un tel succès que ce nom sera réservé au monnayage d’argent jusqu’en 1793.

     

    Cette année 1641 voit les dernières frappes des demi et quart de francs, qui ne seront dès lors plus utilisés. Le franc disparait une fois de plus, et ne reverra le jour qu’à la Révolution Française…

     

     

     

    Voici illustré à titre informel le nouveau monnayage royal à partir de la réforme monétaire de 1640-1641, en or tout d’abord :

     

     

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    Louis XIII, double Louis, 1640, atelier de Paris (A). Diamètre 29mm, poids 13,49g.

    AVERS : LVD. XIII. D. G. - FR. ET. NAV. REX. Tête laurée à droite, la mèche longue sans baie dans la couronne.

    REVERS : . CHRS. -. REGN. -. VINC. -. IMP. Croix formée de huit L adossés deux par deux,

    couronnées, cantonnée de quatre lis. Lettre d'atelier dans un cercle en cœur.

    ©monaiesdantan.com

     

     

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    Louis XIII, Louis, 1643, atelier de Lyon (D). Diamètre 25mm, poids 6.61g.

    AVERS : LVD. XIII. D. G. - FR. ET. NAV. REX. Tête laurée à droite, la mèche longue sans baie dans la couronne.

    REVERS : . CHRS. -. REGN. -. VINC. -. IMP. Croix formée de huit L adossés deux par deux,

    couronnées, cantonnée de quatre lis. Lettre d'atelier dans un cercle en cœur.

    ©monaiesdantan.com

     

     

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    Louis XIII, demi Louis, 1642, atelier de Paris (A). Diamètre 20mm, poids 3,34g.

    AVERS : LVD. XIII. D. G. - FR. ET. NAV. REX. Tête laurée à droite, la mèche longue sans baie dans la couronne.

    REVERS : . CHRS. -. REGN. -. VINC. -. IMP. Croix formée de huit L adossés deux par deux,

    couronnées, cantonnée de quatre lis. Lettre d'atelier dans un cercle en cœur.

    ©monaiesdantan.com

     

     

    Puis en argent :

     

     

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    Louis XIII, écu, 1642, atelier de Paris (A). Diamètre 40mm, poids 27,23g.

    AVERS : LVDOVICVS. XIII. D. G. FR. ET. NAV. REX. Buste du roi lauré et drapé à droite.

    REVERS : SIT. NOMEN. DOMINI. (atelier) BENEDICTVM. (millésime). Ecu de France couronné.

    ©monaiesdantan.com

     

     

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    Louis XIII, demi écu, 1642, atelier de Paris (A). Diamètre 33mm, poids 13,54g.

    AVERS : LVDOVICVS. XIII. D. G. FR. ET. NAV. REX. Buste du roi lauré et drapé à droite.

    REVERS : SIT. NOMEN. DOMINI. (atelier) BENEDICTVM. (millésime). Ecu de France couronné.

    ©monaiesdantan.com

     

     

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    Louis XIII, quart d’écu, 1643, atelier de Paris (A). Diamètre 27mm, poids 6,83g.

    AVERS : LVDOVICVS. XIII. D. G. FR. ET. NAV. REX. Buste du roi lauré et drapé à droite.

    REVERS : SIT. NOMEN. DOMINI. (atelier) BENEDICTVM. (millésime). Ecu de France couronné.

    ©monaiesdantan.com

     

     

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    Louis XIII, douzième d’écu, 1643, atelier de Paris (A). Diamètre 21mm, poids 2,23g.

    AVERS : LVDOVICVS. XIII. D. G. FR. ET. NAV. REX. Buste du roi lauré et drapé à droite.

    REVERS : SIT. NOMEN. DOMINI. (atelier) BENEDICTVM. (millésime). Ecu de France couronné.

    ©monaiesdantan.com

     

     

    A noter que sous Louis XIV, on continue à trouver trace d’écu d’or au soleil, frappés dans le même temps que les Louis d’or. Brièvement (1655-1657), on trouvera même des lis d’or (poids abaissé, valeur de 7 livres, soit 30% de moins qu’un Louis) et d’argent.

     

     

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    Louis XIV, lis d’or, 1656, atelier de Paris (A). Diamètre 24mm, poids 3,98g.

    AVERS : DOMINE. ELEGISTI. LILIVM. TIBI. Paire d’ange soutenant l’écu de France couronné.

    REVERS : LVDOVIC. XIIII. D. G. FRAN. ET. NAV. REX. Croix formée de 4 lys

    couronnés et cantonnée de lys, avec en cœur la lettre d’atelier.

    ©monaiesdantan.com

     

     

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    Louis XIV, lis d’argent, 1656, atelier de Paris (A). Diamètre 30mm, poids 7,91g.

    AVERS : LVD. XIIII. D. G. FR. ET. NAV. REX. Buste du roi drapé à droite.

    REVERS : DOMINE ELEGISTI LILIVM TRIBI 1656. Croix formée de quatre groupes

    couronnés de deux L adossés, cantonnée de quatre lis. Lettre d'atelier au centre.

    ©monaiesdantan.com

     

    En guise de conclusion : la révolution française et le retour au franc…

     

     

    Je ne reviendrai pas en détail sur les évènements de 1789 et les profonds bouleversements qui s’ensuivirent. Cela serait un peu long et dépasserai le cadre de cet article. On précisera seulement que l’État français était profondément endetté dès 1783. La révolution hérite de ces dettes. Afin de pallier au manque d’espèce, la Convention créé dans un premier temps des billets d’escompte, puis des assignats, mettant en gage les bien nationaux. Le système de la livre rappelant trop l’Ancien Régime, le franc est de nouveau utilisé en tant qu’unité de compte.

     

    En 1795, l’ancien système duodécimal (basé sur la douzaine) en vigueur depuis le moyen âge est remplacé par un système décimal, plus simple, basé sur la dizaine : 1 franc est désormais divisé en 10 décimes de 10 centimes chacun.

     

    Enfin en 1803, le consul Bonaparte, voulant mettre fin à la circulation anarchique de monnaies nouvelles et anciennes, créé le franc germinal. Il s’accompagne de la création du franc-or qui supplante l’ancien Louis d’or royal. L’émission de la nouvelle monnaie (pièce de 40 francs-or, 20 francs-or, 5 francs, 2 francs et 1 franc – ces trois dernières en argent – ) est confiée à la toute nouvelle Banque de France.

     

    Le franc germinal restera une grande réussite puisqu’il perdurera jusqu’en 1914. Il sera même à la base d’une première tentative d’uniformisation européenne en 1867 : l’Union Latine qui utilise l’étalon or, aux normes (poids, titre) qui reprennent celles du franc-or alors en vigueur.

     

     

    Quelques exemples des monnaies, de la révolution au franc germinal :

     

    Monarchie Constitutionnelle :

     

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    Louis XVI, 30 sols type François, 1791, atelier de Paris (A). Diamètre 28mm, poids 10,14g.

    AVERS : LOUIS XVI ROI DES FRANCOIS. Buste du roi à gauche.

    REVERS : RÈGNE DE LA LOI L’AN 3 DE LA LIBERTÉ. Génie gravant la Constitution posée sur un autel à droite,

    entre 30 et SOLS ; (Mg) sous le chiffre 30 et la lettre d'atelier sous le mot SOLS.

    ©monaiesdantan.com

     

     

    Exemple d'assignat :

     

     

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    Assignat de 10.000 francs, An 3 de la république (1794-1795).

    © www.cgb.fr

     

     

    La première République et la réintroduction du franc (le Directoire en ce qui concerne la monnaie ci-dessous) :

     

     

    59365bda77512_An95francsunionetforce.jpg.0e6db1e420bbaaa6b74ed04380be1ba9.jpg

    République Française, 5 francs « Union et Force », an 9 (1800-1801), atelier de Bayonne (L). Diamètre 37mm, poids 24,43g.

    AVERS : UNION ET FORCE. Hecule nu debout de face avec la léonté, unissant la Liberté debout à gauche tournée à droite

    tenant une pique surmontée d'un bonnet phrygien, vêtue d'un peplos, et l'Égalité debout à droite tournée à gauche, tenant le niveau, vêtue d'un chiton

    REVERS : REPUBLIQUE FRANÇAISE*. Au centre en trois lignes 5 / FRANCS / L’AN 9, dans une couronne formée d'une branche de laurier et d'une branche de chêne.

    ©monaiesdantan.com

     

     

    Puis pendant le Consulat (1799-1804), création du franc germinal :

     

     

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    République Française, 2 francs, 1806), atelier de Bayonne (L). Diamètre 27mm, poids 9,98g.

    AVERS : NAPOLEON - EMPEREUR. Tête nue de Napoléon à droite.

    REVERS : REPUBLIQUE FRANCAISE./ 2 / FRANCS. / (millésime) (atelier) au centre, dans une couronne formée de deux branches d'olivier..

    ©monaiesdantan.com

     

     

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    République Française, 20 francs-or, an 13, atelier de Perpignan (Q). Diamètre 21mm, poids 6,34g.

    AVERS : NAPOLEON - EMPEREUR. Tête nue de Napoléon à gauche.

    REVERS : REPUBLIQUE FRANCAISE./ 20 / FRANCS. / (millésime) (atelier) au centre, dans une couronne formée de deux branches d'olivier.

    ©monaiesdantan.com

     

     

     

     

    Voici ce qui concluera mon propos sur cette petite histoire du franc. J'espère que ce modeste travail vous aura plu !

     

     

     

     

     

     

     

     

    Texte : medaille59

    Photos : ©monaiesdantan.com / ©inumis.com / ©BNF / ©vinchon.com / © www.cgb.fr /©collection personnelle medaille59

    Bibliographie :

    - Les monnaies royales françaises, A. Clairand et M. Prieur, Édition les Chevaux légers, Paris, 2008.

    - Monnaies royales de Saint Louis à Herni IV, C. Beaussant, Banque de France, Paris, 1989.

    - Monnaies royales de Louis XIII à Louis XVI, C. Beaussant, Banque de France, Paris, 1989.

    - La guerre de Cent Ans, J. Favier, Édition Fayard, Paris, 1980.

     

    Modifié par medaille59



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