Merci pour votre commentaire, @Déric!
En réalité, les différences de graphisme des lettres ne sont pas beaucoup abordées dans la littérature, mais elles apparaissent clairement à l'analyse de certaines légendes qui, d'après mon expérience (et selon l'article de Schulze et Schulze), sont associées à des deniers aux bras de la croix en forme de tulipe (Poey d'Avant, planche LXXXV, n° 19). Si ce type de deniers avait effectivement une finesse d'environ 8 deniers, comme le suggèrent les analyses de Bompaire (bien que portant sur très peu d'exemples, il faut le dire), il serait logique d'attribuer aux différences graphiques une signification chronologique. Ce n'est qu'une hypothèse, mais il me semble pour l'instant que c'est la première hypothèse d'une possible classification chronologique étayée par des preuves matérielles.
Quant à la caractérisation des bras horizontaux de la croix melgorienne comme étant des «mitres», outre la similitude graphique, je crois qu'elle est fortement influencée par la classification de Poey d'Avant qui considérait tous les exemples avec la «croix melgorienne» comme postérieurs à la prise de pouvoir par les évêques de Maguelone (après 1211-1215), et donc l'image (également similaire aux sceaux épiscopaux) était liée à la mitre comme un élément supplémentaire confirmant la corrélation avec la période épiscopale... cette attribution cependant, comme nous l'avons vu avec les découvertes archéologiques, est certainement à considérer comme erronée.
Quoi qu'il en soit, il ne faut pas oublier qu'en 1085, Pierre de Melgueil avait cédé son fief au pape, avant d'en recevoir une nouvelle inféodation. Si l'on devait interpréter la croix de Melgueil comme ayant une connotation religieuse (à supposer qu'il y en ait une), cette interprétation serait sans doute plus plausible.