Technique dérivée du dérouillage / nettoyage des pièces en acier par électrolyse de l'eau a électrode soluble, "adoucie" pour les monnaies et autres objets de petite taille en bronze.
Le métal lui-même n'est pas attaqué par l'électrolyse, seul ce qui n'est pas métallique est décapé, par de minuscules bulles de gaz.
Précaution : cette technique est surtout destinée aux pièces en argent recouvertes de dépôts et en bronze très encrassées ou bouffée par le vert-de-gris (*), le résultat est le même avec le cupro-nickel sauf qu'il s'assombri, ça va très bien pour l'argent et devrait bien fonctionner avec l'or. Pas d'idée pour le zinc, donc je déconseille à priori, et ne convient pas pour l'alu.
(*) ne pas confondre avec la patine de surface vert-brun normale et solide à conserver autant que possible, le vert-de-gris est vert vif, s'étend comme en "poudre" latéralement et bouffe le métal en profondeur. Le procédé convient très bien dans ce cas, mais laissera des trous ; au moins ça va empêcher le vert de gris de progresser, par contre, adieu patine.
Les pièces en cuivre très usées mais propres n'ont rien à espérer, seules les pièces couvertes d'une patine/gangue/crasse épaisse peuvent éventuellement laisser apparaître quelque chose une fois dégagées.
Le résultat peut être très décevant, tout dépend si la couche de crasse s'est déposée sur un support propre ou déjà très abimé.
Si le métal a été protégé par la crasse, la surface sera belle, mais mis totalement a nu, il faudra la protéger de l'oxydation.
L'argent est nettoyé mais risque fort de garder des traces / variation de couleurs, et sera d'aspect mat. Attention, le billon (cuivre + argent) médiéval, très fin et cassant dès l'origine, risque de ne pas survivre à l'opération...
Ceci est une technique de nettoyage, pas de restauration : le métal parti est perdu sans retour possible. La valeur d'une monnaie n'est pas augmentée mais _diminuée_, par contre elle permet une identification impossible autrement.
Le procédé est surtout physique : l'électrolyse de l'eau crée des minuscules bulles de gaz partout à la surface du métal, qui finissent par décoller les dépôts par d'infimes pressions, accessoirement, une partie du métal oxydé se retrouve en poudre (désoxydé), ce qui aide l'opération. Un petit coup prudent de brosse à dent sous un filet d'eau permettra de faire sauter ce qui n'est pas venu tout seul. Inutile de frotter fort, s'il reste des dépôts adhérants il suffit de le remettre dans le bain. Eventuellement on peut gratter un point précis avec une mine fine, en graphite, de porte mine ou un cure-dent.
Matériel : un bol d'un demi à un litre, un peu de sel de cuisine, du liquide vaisselle, un rouleau d'aluminium ménager (genre pour emballer les sanswiches), deux fils avec princes croco (on les trouve en sachet de 10 dans les magasins d'électronique), une alimentation fournissant du continu, type chargeur de batterie au plomb.
N'importe quelle tension continue (de + de quelques volts, pas plus de 48V) conviendra, le courant est en principe faible mais réglable en fonction de la quantité de sel/eau. si l'appareil n'est pas protégé en courant mieux vaut y aller doucement, sinon pouf, claqué.
+ de tension = + de courant = + de bulles, + d'alu et + d'eau consommé, travail + rapide, mais aussi risque de chauffe de la pièce. Un chargeur de batterie plomb convient très bien cause pas de risque de griller et il y a des pinces au bout.
Préparation : facile : on remplit le bol, deux bonnes pincées de sel, quelques gouttes de liquide vaisselle (comme agent mouillant). On prend l'alu en feuille, disons 30 cm sur 20, on le replie de façon à obtenir une mèche de mettons 5cm sur 1 qui touche le fond sans que la pince soit immergée (important, sinon elle va se bouffer). Replier bien serré parce que s'il reste de l'air la mèche va flotter...
On relie la mèche d'alu au + (très important) et on noie la pièce, reliée au -, à l'opposé (la pince peut être immergée sans souci de ce côté). On met sous tension, on observe un instant que le courant passe et crée des bulles et on oublie jusqu'au lendemain.
On peut remettre de l'eau à volonté et remplacer la mèche quand elle est bouffée, ne pas remettre de sel, qui n'est pas consommé. L'alu emporté par le courant fini par former des dépôts durs dans le bol, vu le prix d'une préparation on peut la jeter souvent.
Pour le dérouillage de l'acier on utilise une électrode en inox et de la soude. Le procédé marche de la même façon avec une cuillère en inox (testé avec des made in china achetée 1 euro les douze en brocante), mais une boue vert sombre assez dégeu apparait, le mélange chlore et nickel n'est pas très appétissant.
Le sel devrait être moins nocif que la soude pour le cuivre, moyennant un bon rinçage, et l'alu moins toxique. En tout cas, moi je préfère toucher la mousse blanche de l'alu que la verte de l'inox...
Après nettoyage, un bon rinçage à l'eau, et une protection du métal, type graisse de vaseline ou cire d'abeille en très fine couche. Ne rien mettre sur du bronze ou billon nu et sans protection risquerait de faire venir très vite du vert de gris.
Je conseille d'essayer sur quelques monnaies sans valeur ou en état désespéré plutôt que sur de beaux sesterces...