Aller au contenu
ALM

Peau de castor et monnaie de carte...

Recommended Posts

http://familleslambert.com/data/documents/Origines-Aubin-Lambert-Extrait_pages167a199_LesLambertEnNouvelle-France_tome_I.pdf

 

Valeur de la monnaie au XVIIe et au XVIIIesiècle
Il arrive parfois, lors de recherches sur un de nos ancêtres, qu’en feuilletant un livre d’histoire, un vieux manuscrit, que ce soit un contrat notarié, un testament ou un inventaire après décès, de se retrouver face à des sommes d’argent dont on ne connaît pas trop la valeur : livres, écus, sols, etc. Pour éclaircir un peu ce problème, voici la liste de quelques monnaies utilisées à l’époque :
le denier équivalent 12 deniers = 1 sol ou sou
20 sols = 1 livre la livre ou franc"
3 livres = 1 écu
l’écu : monnaie d’argent"
1 pistole = 10 livres
le louis : monnaie d’or"
1 louis = 20 livres
Les premiers colons étant très pauvres, n’avaient apporté avec eux que très peu d’argent, qui fut vite épuisé. En 1663, il n’y avait plus aucune espèce sonnante au pays. Pour compenser à ce manque de monnaie courante, les habitants se mirent à utiliser le castor comme monnaie d’échange : la peau se vendait 4 francs la livre. On pouvait effectuer l’opération à tous les magasins de la Compagnie. Avec l’arrivée des soldats du régiment Carignan-Salières en 1665, l’argent se mit à nouveau à sonner. Mais ce n’était pas encore suffisant car les pièces ne restaient pas en circulation.On continua donc de négocier avec le castor. En 1669, on ajouta le blé qui valait 4 livres le minot. Et puis en 1674, ce fut autour de la peau d’orignal, évaluée 3 livres environ. En l’année 1685, l’intendant De Meulles établissait la monnaie de cartes dont voici une brève histoire. En 1674, le roi Louis XIV avait donné l’ordre que tous les comptes, achats et paiements divers devaient être soldés en argent sonnant. Pour comble en 1684, il envoie des soldats au pays et ordonne de les faire vivre mais il avait oublié leur paie... C’est à ce moment que De Meulles eut l’idée de la monnaie de cartes et qu’il la mit effectivement en circulation. Le système fonctionnait comme suit : il se servait de cartes à jouer ordinaires sur lesquelles il inscrivait un montant, y apposait son sceau et sa signature et celle du trésorier. La première évaluation était de 4 livres pour une carte entière, une demi-carte valait 2 livres et le quart de carte valait 15 sols. Il rachetait ces cartes dès l’arrivée des vaisseaux du roi. Même désavoué, le stratagème se répète et devient de plus en plus un instrument de crédit. En 1714, circulent environ 2 millions de livres de monnaie de cartes, soit sept fois plus que les fonds annuels envoyés par le roi.
Chacun avait son gagne-pain et était rémunéré selon sa fonction. Ainsi en 1653, un chirurgien gagnait
annuellement 100 à 150 livres, un menuisier, 100 livres, un charpentier, 75 à 100 livres, un armurier, 100 livres, un maçon, 80 livres, un serrurier, 75 livres, un cordonnier ou un tailleur d’habits, 60 livres.
Que pouvait-on acheter avec cette monnaie ? En 1709, un cheval se vendait 40 livres et une belle bête jusqu’à 100 livres, une vache valait 50 livres, un cochon moyen valait 15 livres et un mouton valait 5 livres. Vers 1710, voici le prix des denrées suivantes : le beurre salé, 10 sols, le beurre frais, 15 sols, le melon d’eau, 3 à 6 sols, le fromage de l’Île d’Orléans, petit, mince, de forme ronde et de 4 morceaux la livre, valait 30 sols la douzaine. Les peaux et les fourrures étaient un élément vital de subsistance pour les colonisateurs. En 1715, par exemple, la peau d’élan valait 10 livres, celle de l’ours, de la loutre et du raton-laveur, 5 livres, la peau de loup, 2 livres, la peau de la martre, 45 sols et celle du renard valait 35 sols.

 

Partager ce message


Lien à poster

Créer un compte ou se connecter pour commenter

Vous devez être membre afin de pouvoir déposer un commentaire

Créer un compte

Créez un compte sur notre communauté. C’est facile !

Créer un nouveau compte

Se connecter

Vous avez déjà un compte ? Connectez-vous ici.

Connectez-vous maintenant


×