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Au hasard des boîtes de monnaies en vrac est arrivé dans mes mains un objet qui ne paye pas de mine, mais qui est pourtant exceptionnel : un jeton porte-bonheur constitué d'un cerclage d'aluminium insérant une monnaie authentique, en l'espèce un pfennig de 1911. Allemagne (commune de Görlitz), 1911 ou peu après, porte-bonheur avec monnaie intégrée. Aluminium et cuivre non alliés, 33 mm, 4,48 g Cette technique est connue en numismatique des Etats-Unis ("encased coin"), où elle serait apparue en 1901 lors de l'Exposition panaméricaine de Buffalo, et elle y est encore pratiquée avec plus ou moins d'ampleur http://www.encasedcoins.info/ Un mélange de porte-bonheur des Etats-Unis avec monnaie insérée. Le cent à la tête d'Indien, à mi-hauteur à gauche, est de 1901, tandis que le talisman juste en-dessous de lui date de 2003. Source https://discover.hubpages.com/games-hobbies/A-Collectors-Guide-for-Encased-Coins La même page montre la photo d'un exemplaire canadien de 1967, affirmant que de tels objets ont été émis dans "des pays autres que les Etats-Unis, particulièrement le Canada". En Europe, elle est d'une extrême rareté. J'ai le souvenir d'avoir vu une ou deux fois en 40 ans de tels objets, de fabrication britannique (ou canadienne, cf. ci-dessus ?), datant des dernières années du règne de Victoria ou juste après. En France et tous autres pays européens, rien. Pour l'Allemagne, pays de notre exemplaire, j'en ai trouvé un seul autre, avec des commentaires de collectionneurs confirmant l'extrême rareté de ces objets; encore l'exemplaire présenté est-il d'un émetteur différent du nôtre. Son pfennig est de 1904. Allemagne (commune de Nuremberg), 1904 ou peu après, diamètre et masse non indiqués. C'est l'unique autre exemplaire allemand trouvé sur internet. Source https://www.cointalk.com/threads/lauer-good-luck-charm-encased-1904-pfennig.244486/ (photo retravaillée par les soins de Guillaume Hermann) Même Numista ne peut montrer pour l'Allemagne qu'un cerclage en aluminium ayant manifestement séjourné en terre, amputé de son pfennig, et d'un type encore différent. L'épave de cerclage allemand sur Numista, sans lieu ni date. Source https://fr.numista.com/catalogue/exonumia323571.html L'exemplaire qui nous a mis sur la piste de ces curieux objets porte sur une face la formule porte-bonheur : DEIN.TALISMAN.BIN.ICH.FÜRWAHR.ICH.BRING.DIR.GLÜCK.DURCH'S.GANZE.JAHR signifiant "je suis ton véritable talisman je te porte chance toute l'année", complétée du dessin d'un trèfle à quatre feuilles et d'un fer à cheval enserrant le pfennig et portant les petites mentions GES. et GESCH. pour ""gesetzlich geschützt", c'est-à-dire "légalement protégé" (ce qui sous-entend qu'il y a probablement eu, en Allemagne, un enregistrement légal portant le nom de l'inventeur du procédé et la date de l'invention; ces archives ayant été partiellement détruites lors de la Seconde guerre mondiale, ce document existe-t-il toujours ?). Cette face est identique à l'une de celles de l'exemplaire présenté sur Cointalk, tandis que l'autre face est personnalisée par l'émetteur, à savoir pour le nôtre : KONZERT-LOKAL BÖRSENHALLE au-dessus du revers du pfennig, et au-dessous de celui-ci : GORLITZ OBERMARKT 24 Désignant une salle de concert dans la halle de la bourse, au numéro 24 du "marché supérieur" de Görlitz. Görlitz est une ville de Saxe qui, depuis 1950, jouxte la Pologne. Le métal de la couronne portant une trace d'écrasement autour du pfennig, très probablement liée à l'opération de sertissage, on peut penser que soit il existait un umlaut sur le O de GORLITZ et que celui-ci a été supprimé par l'écrasement (si la frappe de la couronne est antérieure à l'opération d'insertion du pfennig), soit le sertissage du pfennig a provoqué un retrait du métal de la couronne vierge qui ne lui a pas permis d'être ensuite en contact avec le coin la frappant, si cette dernière opération est postérieure à l'insertion. Notre objet mesure 33 mm de diamètre et pèse 4,48 g. Le pfennig de cuivre pesant théoriquement 2 grammes, la couronne en aluminium doit en peser environ 2,5 quand elle est en parfait état. C'est la couronne qui fait la particularité de l'objet et elle n'est pas datée, aussi sommes-nous réduits à considérer que le pfennig inséré était de l'année en cours; en tout cas, s'il était antérieur, il ne devait pas l'être de beaucoup. Rien n'indique que cette pratique allemande déjà rare a survécu à la Première guerre mondiale. Quant au fabriquant... Rien ne permet de l'identifier sur notre exemplaire. Celui de Cointalk, qui partage une face avec le nôtre et pourrait sortir des mêmes machines, est au nom de la société Lauer à Nuremberg qui fabriquait notamment des médailles et des jetons de jeu. On peut donc penser que la société Lauer avait les moyens techniques de fabriquer elle-même ces objets. En est-elle l'auteur ? Pour le moment, il semble que nul ne sait. Il reste une autre question, sémantique : comment nommer cet objet, autrement dit, quelle était sa fonction ? La valeur de la monnaie insérée, 1 pfennig, est bien trop faible pour permettre le paiement d'une entrée à la salle de concert. Qui plus est, l'objet étant supposé porter chance à son détenteur, il aurait été maladroit de la part de l'émetteur d'en exiger la restitution, fut-ce en échange d'une entrée ! La monnaie a très probablement été choisie parce qu'elle était la plus faible valeur circulante et que l'objet était offert, en étant destiné à être conservé par son destinataire. On peut donc probablement écarter l'hypothèse d'un jeton de consommation. L'objet ayant un émetteur identifié et puisqu'il serait délicat pour le porteur de s'en séparer, nous pouvons penser qu'il n'avait pas de valeur d'échange. Le fait que ce soit un établissement bien identifié qui l'a émis, la salle de concert du 24 Obermarkt à Görlitz, qu'il ait éprouvé le besoin de mettre son nom et son adresse en grands caractères dessus, sans pour autant espérer le récupérer, nous fait considérer cet objet comme un jeton publicitaire. Celui qui le conservait comme porte-bonheur, sur lui en permanence, était donc invité à se remettre sans cesse en tête l'adresse de la salle de concert. La prétention de porter bonheur apparaît donc comme un perfectionnement commercial des jetons publicitaires, souvent un peu plus anciens, qui portaient des slogans, l'adresse d'un praticien quelconque et parfois son portrait ou toute autre motif, mais dont aucune croyance ne justifiait qu'on les conservât sur soi en toutes circonstances. France, 1850 à 1864, jeton publicitaire des crayons Mengin. Laiton, 24 mm, 3,43 g. Collection Guillaume Hermann Sous diverses réserves (notamment celle de la fonction de réglement d'une dette), un parallèle peut être fait avec, en philatélie, le système du porte-timbre : de 1907 à 1912, la société "Le Timbre poste Economique", située à Paris, permettait aux particuliers d'acheter leurs carnets de timbres moins cher qu'au bureau de poste, mais chaque timbre, neuf évidemment, était collé sur une vignette un peu plus grande que lui, la marge ainsi créée étant imprimée de slogans publicitaires. Cette vignette, le porte-timbre, avait elle-même le verso gommé et c'est ainsi l'ensemble qu'on collait sur sa carte ou son enveloppe : le timbre était collé sur le porte-timbre qui était collé sur le document. https://calves.timbres-experts.com/p/vignettes-porte-timbres Une paire de porte-timbres au nom de La belle jardinière, non oblitérés. Source https://calves.timbres-experts.com/p/vignettes-porte-timbres Voici donc une très intéressante curiosité, qu'extrêmement peu de collectionneurs possèdent. Si vous connaissez d'autres exemplaires européens de ces monnaies insérées, vous pouvez l'indiquer dans les commentaires et joindre photos et mesures !3 points
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Il semblerait qu'il y ait confusion - problème récurrent s'il en est - entre "fautée" et "foutue".2 points
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elle n'est pas fausse, elle a pris un bon coup, peut-être de pince coupante, mais elle devrait passer dans les machines à monnaie, et même chez un commerçant.1 point
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c'est clairement un jeton publicitaire, oui, offert peut-être à la sortie comme souvenir ou distribué comme publicité sur un marché. il y a bien longtemps j'avais récupéré à la caisse d'une superette en allemagne une publicité très colorée sur papier fort sur lequel était collé une pièce d'un pfennig, et un vrai. il y en avait une pile à disposition des clients, qui s'y intéressaient peu. avec un slogan genre "gagnez de l'argent en achetant chez nous". aujourd'hui on y verrait une pièce d'un cent, pas vraiment de quoi attirer l'attention. trouver une pièce de monnaie, un fer à cheval ou un trèfle a quatre feuilles était "rare" et/ou "de valeur", donc un élément de chance. un jeton à consommer a une finalité très différente, le porte-timbre aussi, ils ont chacun une valeur d'échange. les trois "revers" sont identiques ou très proches, ils viennent tous de la même usine, c'est certain. le fournisseur devait proposer une face publicitaire avec le texte du client et une face "porte-bonheur". le Ö de GÖRLITZ semble bien avoir perdu son ¨ lors du sertissage, la disposition du texte n'ayant pas tenu compte du diamètre du cylindre d'estampage. la production industrielle de l'aluminium date de la toute fin du 19e s., c'était encore une nouveauté au début du 20e s. https://de.wikipedia.org/wiki/Obermarkt_(Görlitz) https://polska-org.pl/4123435,foto.html le 24 Börsen Halle est à droite. Dans les Années folles , le numéro 24 abritait le nouveau cabaret folklorique Zum Mönch . les anglais ont testé pas mal de monnaies et jetons bimétal vers la fin du 19e s., mais je ne me souviens pas d'en avoir vu présentés comme porte-bonheur avec, comme ici, une monnaie coursable insérée dans un anneau publicitaire.1 point
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bonjour extrait des fiches cgb de ce monnayage : Le nom de Maronée, qui avait été colonisée par des habitants de Chios, vient de Maron, prêtre d'Apollon qui donna à Ulysse le moyen de neutraliser Polyphème en le rendant ivre. Maron est aussi décrit comme un fils de Dionysos, dieu grec du vin et de l'ivresse. Le vin et la vigne étaient donc importants, d'où la figuration de Dionysos au droit, et la cité était réputée par la qualité de son vin laquelle est même évoquée par Homère dans l'Odyssée. La ville elle-même, l'antique Ortagurea, située sur la rive nord du lac Ismaris sur la rivière Sthénas, était proche de Dikaia et d'Abdère également situées en Thrace.1 point